« Très attendue par les professionnels, la haute saison estivale profitera en premier lieu aux régions balnéaires d’Agadir et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima ainsi qu’à la ville ocre », nous déclare un président de fédération, membre de la Confédération nationale du tourisme, alors que la fréquentation sera moins forte dans l’Oriental, à Dakhla et à Fès-Meknès marquées par une saisonnalité persistante.

L’activité hôtelière d’Agadir ira crescendo entre juin et août

Une lecture confirmée par le président du CRT d’Agadir-Souss Massa qui table sur une croissance à un chiffre des arrivées durant la saison estivale par rapport à la même période de l’année dernière.

« Sachant que les touristes nationaux qui constituent au moins 50% de notre activité d’hébergement entre fin juillet et fin août réservent toujours à la dernière minute, les hôtels devraient vraiment performer durant cette période », souligne Salaheddine Benhammane, en laissant entendre que juin et juillet connaîtront une fréquentation moyenne qui ira crescendo jusqu’à la fin de la saison estivale.

« Un taux d’occupation hôtelier qui passera de 60% à plus de 80% »

Selon notre interlocuteur, le taux d’occupation prévisionnel sera en effet d’environ 60% en juin, de 68% en juillet, et pourra culminer à 84% au mois d’août.

Et de conclure que la station balnéaire de Taghazout, qui propose une offre de huit hôtels, surpassera le taux d’occupation des 85 hôtels classés de la ville d’Agadir en affichant complet en juillet et en août.

« La saison estivale à TTAH a commencé au mois de mai » (Rkia Alaoui)

Tout aussi optimiste sur les perspectives estivales de sa destination, la présidente du CRT de Tanger-Tétouan-Al Hoceima tient d’abord à souligner que le début de la saison estivale, prévu en juillet, a été précédé par des mois de mai et juin qui ont connu un taux de remplissage correct, voire inédit.

« La croissance des chiffres d’arrivées montre en effet que la saison estivale ne se résume plus aux mois de juillet et août, car elle commence désormais en mai », se félicite Rkia Alaoui. Ce changement de timing s’explique, selon elle, par les nombreux travaux de remise à niveau des routes d’accès et des plages effectués par les autorités locales, qui ont rehaussé l’attractivité de la destination.

« Renforcer la connectivité et l’attractivité pour allonger la saisonnalité »

De plus, l’effort consenti pour renforcer l’animation va permettre d’allonger la saisonnalité et d’attirer plus de nationaux, avec un taux moyen d’occupation estivale qui devrait s’établir à 70%.

Tout en se félicitant de cet excellent chiffre qui tranche avec le taux de remplissage annuel de 45%, notre interlocutrice estime nécessaire de continuer à renforcer la connectivité aérienne et maritime, ainsi que l’offre d’animation et de divertissement pour sortir la destination de sa saisonnalité.

« 70% de taux d’occupation estivale dans les six hôtels de la station de Saïdia »  

Prudent, le président du CRT de l’Oriental affirme que le début de la saison estivale a commencé de manière très timide en juin, et qu’il faudra attendre la première semaine de juillet pour être fixé.

« Si, entre début juillet et le 20 août, on devrait réaliser un taux d’occupation d’au moins 70% dans les six hôtels de la station balnéaire de Saïdia, il ne faut pas oublier que l’Oriental qui comporte huit provinces (Oujda, Berkane, Taourirt, Jerada, Nador, Driouch, Guercif, Figuig) recèle 140 établissements avec un taux de remplissage qui ne dépassera pas les 40% », indique Youssef Zaki. Il précise que Berkane, Oujda et Nador représentent près de 96% de la capacité hôtelière régionale.

Interrogé sur les raisons de la persistance de la saisonnalité dans sa région, le président du CRT estime que, s’il y a eu un léger progrès avec quelques hôtels à Saïdia et à Nador qui travaillent six mois par an au lieu de trois précédemment, la grande majorité continue de subir un marasme en termes de fréquentation.

« Une saisonnalité persistante en l’absence de projets structurants »

En cause, l’absence de projets structurants à même de renforcer l’attractivité de la région en dehors de la saison estivale, à l’image d’une grande université comme celle d’Al Akhawayne dans la station de montagne à Ifrane, qui a, selon lui, contribué à stimuler le nombre d’arrivées.

Et d’ajouter que le projet d’académie de formation aux différents sports initié par la Fédération royale marocaine de football n’a toujours pas fait de la région de l’Oriental une destination sportive.

« Malgré les nombreux projets lancés pour dépasser, voire mettre fin à la saisonnalité, les résultats n’ont pas été à la hauteur de nos espérances », affirme notre interlocuteur pour qui les pistes d’investissements rentables ne manquent pas, à l’instar d’une zone de shopping hors taxes qui pourrait booster la fréquentation des 80% de touristes arabes qui plébiscitent le shopping.

Sans une véritable mise en valeur des infrastructures et la révision totale du modèle économique de la région, Youssef Zaki estime que l’Oriental va continuer à fonctionner un mois et demi par an, contrairement à la station de Marchika, située au centre de Nador, qui commence à sortir de la saisonnalité.

« Malgré des étés chauds, Marrakech ne connaît plus de saisonnalité »

Malgré l’absence d’une côte maritime et une chaleur suffocante en été, la ville ocre a, contrairement à la région balnéaire de l’Oriental, su dépasser la saisonnalité grâce à la multiplication des clubs de vacances qui affichent tous complets durant les trois mois de la saison estivale.

Sur les perspectives estivales, le secrétaire général du CRT Marrakech-Safi indique d’emblée que le mois de juin, qui coïncide avec les examens, connaît une fréquentation moyenne.

« Tous les hôtels-clubs seront pris d’assaut »

« Les choses sérieuses vont commencer à partir de la deuxième semaine de juillet, qui connaîtra un rush des nationaux et des MRE jusqu’à fin août ». Mustapha Amalik ajoute que Marrakech, qui réalise un taux d’occupation annuel moyen de 73%, n’aura aucun mal à l’atteindre, alors que la vraie haute saison coïncide généralement avec les fêtes de fin d’année ou les vacances scolaires en Europe.

Si la plupart des grands hôtels classés devraient connaître une fréquentation croissante durant les prochaines semaines, les clubs de vacances « All inclusive » afficheront tous complet.

Des perspectives en deçà des potentialités à Dakhla et Fès-Meknès

Sollicités à leur tour, le président du CRT de Dakhla et un membre du CRT de Fès-Meknès avancent que leurs régions respectives ne profiteront pas de la saison estivale pour faire le plein hôtelier.

« Malgré le soleil et nos magnifiques plages, Dakhla souffre d’un manque criant d’animations qui fait que nous ne recevons que les touristes amateurs de kite-surf ou de planche à voile », déplore Ahmed Abdellaoui, qui table sur un taux d’occupation de moins de 50% durant la saison estivale.

Tout aussi réservé, un dirigeant du CRT de Fès-Meknès estime que si sa région est avant tout une destination culturelle, il convient de multiplier le nombre de clubs d’animations comme à Marrakech pour booster sa fréquentation estivale, lestée par une chaleur insupportable.