Au bout d’une rencontre au fort accent marocain, où les deux équipes se sont rendu coup pour coup, le Wydad Athletic Club a subi son troisième revers en autant de matchs dans le groupe G de la Coupe du monde des clubs, ce jeudi 26 juin. Le soutien du public n’a pas suffi au WAC pour éviter une nouvelle désillusion, sur la pelouse de l’Audi Field à Washington (2-1).

Présent sur le banc, Mohamed Amine Benhachem, récemment victime d’un accident de la circulation alors qu’il était en voiture avec plusieurs membres de son staff, est revenu à une défense à quatre. En fait, il est revenu tout court sur le banc, car sa présence sur le bord du terrain était incertaine.

Après avoir encaissé deux buts dans les dix premières minutes, respectivement contre Manchester City et la Juventus, c’est le WAC qui a cette fois-ci pris l’avantage dès la 4ᵉ minute grâce à un centre en retrait de Mohamed Moufid pour Cassius Mailula, qui ne s’est pas fait prier pour fusiller le gardien portugais d’Al Ain, Rui Patricio.

Le mouvement collectif était intéressant et fluide. Il a aussi été favorisé par l’apathie de l’arrière-garde d’Al Ain, aspirée par l’appel de Omar Al Somah, titularisé à la place de Samuel Obeng. L’international syrien aurait pu être à l’origine du but du break quelques minutes plus tard. Mais Oussama Zamraoui, à deux mètres des cages adverses, était trop court pour reprendre la tête trop croisée de son avant-centre.

En face, les joueurs d’Al Ain ont rapidement mis le pied sur le ballon, multipliant les phases de possession, souvent conclues par des centres sans grande précision. Et lorsqu’ils arrivaient à toucher un de leurs joueurs dans la surface, comme Rami Rabia (20’), le cadre les fuyait. En bloc bas, les Casablancais ont misé sur des contres, dont un aurait pu aboutir au deuxième but.

Cependant, A. Boucheta n’a pas réussi à trouver le cadre (21’). Dans la foulée, c’est Soufiane Rahimi qui se montrait dangereux en échappant à la vigilance de la charnière défensive du WAC pour se présenter seul face à El Mehdi Benabid, qui réussit à dévier en corner la tentative de son coéquipier en équipe nationale (22’).

Toujours à la limite du hors-jeu et très remuant sur tout le front de l’attaque d’Al Ain, l’ancien attaquant du Raja avait sans doute à cœur de se rappeler au bon souvenir du temps où il faisait trembler les filets des Rouges. Il n’a pas ménagé ses efforts, mais sans succès. Ce match avait aussi une saveur particulière pour Mehdi Moubarek, prêté par le club émirati au WAC cette saison.

Son abattage dans l’entrejeu a été utile pour boucher les trous et compenser les projections d’Oussama Zamraoui, mais aussi les nombreuses montées de son latéral gauche, Ayoub Bouchetta. La bonne prestation du défenseur du WAC a tout de même été ternie par un penalty très sévère accordé par l’arbitre de la rencontre, sur une maladresse dans la surface de réparation. Laba Kodjo n’a pas raté l’occasion d’égaliser en trompant le portier du WAC (45’+2).

Revigorés par l’égalisation de l’ex-attaquant de la Renaissance sportive de Berkane, les joueurs d’Al Ain ont pris l’avantage dès le retour des vestiaires. Mais le but, une superbe frappe enroulée de Kaku, aurait dû être annulé en raison d’une faute préalable sur Jamal Harkass. Après le penalty très discutable sifflé contre Boucheta, l’arbitre canadien a enchaîné les décisions litigieuses à l’encontre du Wydad.

Visiblement, ce n’était vraiment pas son jour. Des choix contestés qui n’ont toutefois pas entamé la détermination de Noureddine Amrabat et de ses coéquipiers. Le milieu excentré marocain a multiplié les débordements et les centres, mais ses attaquants se sont montrés trop timides pour couper les trajectoires, que ce soit au premier ou au second poteau.

À force de pousser pour égaliser, les Rouges laissaient des espaces dans le dos de leur défense, où s’est engouffré Laba Kodjo à plusieurs reprises, sans pour autant trouver le cadre. À l’image de ce raté incroyable face au but vide, sur un service parfait de Soufiane Rahimi (77’). Les entrées en jeu de Samuel Obeng et Selemani Mwalimu n’ont pas permis d’inverser la tendance.

Pis encore, Al Ain s’est montré plus proche du but du break que le Wydad de l’égalisation, notamment grâce à l’intenable Soufiane Rahimi. La dernière occasion d’une rencontre vivante, mais au scénario cruel pour le Wydad.