Ce jeudi 26 juin 2025, la Compagnie minière de Touissit réunissait son assemblée générale ordinaire dans une ambiance pas très sereine.
Selon nos informations, le nouveau management de CMT est confronté à des dossiers légués par l’ancienne direction, qu’il n’arrive pas à éclaircir ni à apurer.
L’ancien président de la Compagnie minière de Touissit, Luc-Gérard Nyafé, a été mis en cause en 2023 dans des litiges avec la douane d’une part et l’Office des changes d’autre part.
En octobre 2023, la douane avait réalisé une saisie conservatoire de 2,3 milliards de DH sur la société, au bénéfice de la douane et de l’Office des changes. Cette saisie faisait suite à un contrôle par l’Office des changes.
« Conformément aux dispositions du Code de recouvrement des créances publiques, l’Administration des Douanes a procédé à une saisie conservatoire sur le fonds de commerce de la CMT pour garantir le paiement d’une somme équivalente à six fois le montant de l’amende réclamée s’élevant à 376.157.000 MAD », écrivait la CMT dans un communiqué diffusé le 13 novembre 2023.
Jusqu’à la fin de l’année 2024, la CMT s’en est tenue à une ligne de défense invariable : les transferts en devises effectués par elle correspondaient à des investissements en Afrique subsaharienne.
À la fin de l’année 2024, l’assemblée générale de CMT a décidé de changer la direction. C’est la CIMR (17%), deuxième actionnaire après Luc-Gérard Nyafé (37% du capital), qui a été élue à la présidence. Une coalition d’investisseurs s’était en effet constituée pour mettre en minorité le premier actionnaire de l’entreprise.
C’est ainsi que Hassan Boulaknadal, président de la CIMR, s’est retrouvé à la tête de l’entreprise. Selon nos sources, la nouvelle direction a essayé de mettre à plat, de clarifier et de trouver une solution à trois dossiers représentant 500 MDH au total.
Dans le premier dossier, la CMT a apparemment prêté en 2012 la somme de 250 millions de DH à la société OMM. Prêté et sans jamais les réclamer, l’accusent des actionnaires. Ce prêt a été constamment renouvelé par la direction y compris le précédent président. Actuellement, à chaque demande d’explication de la part de la nouvelle direction, l’ex président a proposé un rééchelonnement à très long terme pour le remboursement.
Le deuxième dossier concerne la création aux États-Unis d’une filiale appelée CMT Internationale (TIC ou Touissit International Company). Elle était supposée investir en Afrique subsaharienne. 200 millions de DH lui ont été transférés. Ces investissements sont aujourd’hui considérés comme hasardeux et d’une valeur discutable
Selon nos sources, la nouvelle direction n’arrive pas à prendre la main sur cette affaire. Elle n’a même pas accès au compte en banque de la filiale internationale. Des actionnaires accusent le précédent président d’avoir réalisé des investissements hasardeux en République démocratique du Congo ; investissements ne représentant qu’une partie de la somme transférée.
Le troisième dossier concerne la création d’une joint-venture entre CMT et OMM, cette dernière étant contrôlée par Luc-Gérard Nyafé. CMT y a transféré la somme de 50 MDH, et la nouvelle direction n’arrive pas à obtenir les éclaircissements nécessaires.
Le total représente donc 500 MDH.
Rappelons que CMT produit du plomb argentifère et du zinc argentifère.