Vendredi 27 juin 2025, Amine Boudchart a cartonné à l’espace Ennahdha dans le cadre du festival Mawazine. 200.000 spectateurs étaient au rendez-vous et chantaient en chœur. Un moment magique et inédit.

Dans un paysage musical en constante évolution, où les tendances éphémères bousculent les traditions, Amine Boudchart s’impose comme une figure singulière.

Compositeur, chef de chœur et créateur du concept « La chorale, c’est vous », il incarne une nouvelle manière de faire de la musique : vivante, collective, enracinée dans l’héritage tout en étant résolument tournée vers l’avenir.

Des classiques revisités, une mémoire partagée, là où certains réarrangent les anciennes chansons arabes pour en faire des morceaux électro ou pop, Boudchart choisit une autre voie : les faire chanter par le public lui-même, en chœur. Dans ses concerts participatifs, ce ne sont pas des artistes en solo qui revisitent Oum Kalthoum, Abdelhalim Hafez ou les grandes mélodies du patrimoine marocain : ce sont les spectateurs qui deviennent les voix de cette mémoire collective sur les grandes scènes du Maroc, du Moyen-Orient, du Canada et d’Europe.

Boudchart a su tisser un lien rare entre innovation artistique et transmission culturelle. Son ambition est de faire revivre le patrimoine musical marocain et arabe en le réinterprétant à travers des formes contemporaines, notamment le chant choral, souvent réservé à d’autres répertoires.

Boudchart: le patrimoine n’est pas figé, il est vivant

Ce geste n’est pas seulement artistique. Il est culturel, presque politique : faire entendre des morceaux anciens à des générations nouvelles, sans filtre, sans artifice, et leur permettre de les incarner à leur tour. « Le patrimoine n’est pas un musée figé. Il est vivant, il doit se transmettre dans le souffle des voix humaines », explique-t-il souvent dans ses interventions publiques.

Avec « La chorale, c’est vous », Amine Boudchart ne se contente pas d’innover dans la forme. Il transforme le rapport entre l’artiste et le public. Le spectateur devient acteur, l’écoute devient participation, et la scène devient un espace de rencontre. Ce concept, qui mêle chant, chorégraphie et émotion collective, a rapidement conquis les publics au Maroc, mais aussi à l’étranger.

Les moments partagés lors de ses concerts, notamment celui de Casablanca en février 2025, avaient marqué les esprits. C’est à cette occasion qu’il a dévoilé une nouvelle composition inspirée des sonorités traditionnelles marocaines et enrichie par des arrangements modernes, illustrant à merveille son esthétique : un pont entre les époques, entre les genres, entre les mondes.

Engagement auprès des jeunes talents

Boudchart a consacré son concert Mawazine 2025 vendredi 27 juin, à la promotion de jeunes artistes inconnus : faire monter la jeunesse sur scène. Cette même volonté de transmission, Boudchart l’exprime aussi dans son engagement auprès des jeunes artistes.

Pour le Festival Mawazine, il ne se contente pas de monter un spectacle : il offre la scène à des talents marocains inconnus, dont un pianiste non-voyant. Une manière de partager la lumière, d’ouvrir des chemins et de rappeler que l’art peut et doit être un levier d’inclusion.

Voici les jeunes qu’il a fait monter pour la première fois sur scène:

Anas Derroug: Piano (non-voyant).

Walid Nadi: Violon et chant Chaâbi.

Rokia Ahmad: Chanteuse exceptionnelle qui a produit Hamdaoua.

Hind Ennaira: Guembri.

Adil Nadif: Guitare et Chant.

Salah Fafah: Ribab (instrument amazigh).

« Donner une chance, c’est parfois changer une destinée« , dit-il. Et derrière cette phrase, une conviction : l’avenir de la musique arabe passera par ceux qu’on n’attend pas, par ceux qui portent encore en eux la richesse d’un patrimoine parfois oublié.

Musicalement, Amine Boudchart est un compositeur aux racines multiples, il refuse les frontières. Il puise dans les traditions berbères, andalouses, arabes et subsahariennes pour composer des œuvres éclectiques comme Mosaïca, Bartiya Groove, Jalsa ou encore Jebli Jam. Son approche musicale s’inscrit dans une logique de métissage, fidèle à l’histoire du Maroc, carrefour de cultures.

En quelques années seulement, il a su bâtir une œuvre originale, où la mémoire collective se chante au présent. Et pour un public de plus en plus large, Boudchart ne se contente pas de créer : il répare, relie et réinvente. À sa manière, il redonne une âme au patrimoine musical et le projette dans l’avenir, un avenir où le public, les jeunes et les traditions marchent enfin ensemble.

Ci-dessous les images de cette magnifique soirée: