Le Maroc fait face, depuis plusieurs jours, à une vague de chaleur intense. Dans plusieurs régions agricoles clés du pays, notamment le Gharb, Béni Mellal, Marrakech ou encore Taroudant, les températures ont dépassé les 46 °C, compromettant l’équilibre de l’écosystème agricole.

Parmi les secteurs les plus touchés figure celui des agrumes qui fait face à un impact à la fois indirect, sur les ressources hydriques, et direct, sur les cultures elles-mêmes.

Une pression hydrique qui s’accentue

Jointes par nos soins, des sources du secteur agrumicole nous expliquent que l’un des effets les plus préoccupants de cette canicule est l’impact indirect sur les ressources en eau.

« L’élévation excessive des températures provoque une augmentation significative des besoins en irrigation pour maintenir les cultures en vie », expliquent nos interlocuteurs.

Or, cette demande accrue survient dans un contexte déjà critique, marqué par une sécheresse structurelle persistante et une baisse inquiétante du niveau des nappes phréatiques.

L’agriculture se trouve ainsi confrontée à un dilemme : arroser davantage pour préserver les cultures, au risque d’aggraver l’épuisement des réserves souterraines.

Le potentiel de production est affecté d’au moins 10%

Outre cet impact indirect, les cultures elles-mêmes sont directement affectées par cette vague de chaleur. « Les arbres, actuellement en fin de phase de chute physiologique et début de grossissement des fruits, subissent un stress thermique marqué », soulignent nos sources.

« Cette situation aggrave la chute physiologique déjà accentuée par l’alternance de températures élevées puis basses observée début juin, et compromet l’évolution des calibres, ce qui risque de causer des coups de soleil aux fruits ».

Les professionnels du secteur estiment que le potentiel de production est affecté d’au moins 10%.

À Souss-Massa, la situation est maîtrisée

Outre les agrumes, d’autres productions sensibles comme le raisin de table ou certaines cultures maraîchères (tomate, courgette, salade…) peuvent aussi subir les effets de cette canicule. En l’absence d’un système d’irrigation efficace et régulier, les plants montrent des signes de flétrissement et les fruits peuvent présenter des brûlures solaires. Ces dégâts, souvent irréversibles, compromettent la qualité des récoltes.

Dans la région Souss-Massa, des sources professionnelles spécialisées dans la production de la tomate, contactées par Médias24, indiquent que, pour l’heure, la situation reste globalement maîtrisée.

« Nous sommes actuellement en phase de terminaison des cultures de l’année précédente », ce qui limite les risques majeurs à ce stade. Les producteurs sont en train de nettoyer leurs champs. Il ne devrait donc pas y avoir un grand problème ».

« Toutefois, à partir de 45 °C, les risques de brûlures sur les cultures deviennent sérieux », nous explique-t-on. « Dès 40 °C, si les pépinières ne sont pas bien équipées, les jeunes plants peuvent être gravement endommagés, voire mourir. Mais ce n’est pas le cas aujourd’hui. Nous n’avons pas constaté de dégâts ».

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