La période de souscription à l’introduction en Bourse de Vicenne s’ouvre ce lundi 30 juin, au prix de 236 DH par action. BMCE Capital Global Research (BKGR) recommande d’y souscrire, estimant un potentiel d’appréciation de 27% sur la base d’un cours cible de 300 DH.
Cette recommandation s’appuie à la fois sur une valorisation jugée raisonnable, un profil de croissance soutenu et une stratégie de développement bien structurée.
Au prix proposé, le PER de 2025 ressort à 20,7x, soit un niveau conforme à la moyenne du marché.
Or, ce ratio tombe à 16,2x dès 2026, contre 19,2x pour la moyenne du marché, ce qui traduit selon BKGR un potentiel de revalorisation réel porté par la trajectoire bénéficiaire attendue.
Les analystes ont ainsi retenu une valorisation par DCF, avec un coût moyen pondéré du capital de 9,1% et un taux de croissance à l’infini de 1,5%.
Des fondamentaux financiers bien orientés
Les projections de BKGR indiquent une croissance solide à moyen terme. Le chiffre d’affaires devrait plus que doubler entre 2024 et 2030, passant de 837 MDH à 1,8 MMDH, soit une progression annuelle moyenne de 13,8%.
En parallèle, l’EBE afficherait une croissance encore plus rapide (+16,7%), avec une amélioration continue de la marge, attendue à 24,2% en 2030.
Ainsi, le résultat net consolidé progresserait de 91 MDH en 2024 à 232 MDH en 2030. Cette dynamique bénéficiaire s’accompagne d’un engagement en matière de distribution : le groupe prévoit de verser un dividende dès 2026 (au titre de 2025), avec un DPA estimé à 6,3 DH et un rendement initial de 2,7%.
Le taux de distribution moyen visé est de 50% du résultat net social sur la période 2025–2030, ce qui laisse de la place pour autofinancer la croissance.
Une IPO au service d’un projet d’expansion structuré
Une part significative des fonds levés (entre 700 MDH et 1 MMDH) sera dédiée à des acquisitions ciblées. Le groupe prévoit 2 à 3 opérations dans les 24 mois à venir, dans le cadre de sa stratégie « Buy & Build« .
Parallèlement, l’entreprise entend accélérer son expansion en Afrique de l’Ouest. Présente au Sénégal et en Côte d’Ivoire, elle compte y dupliquer son modèle intégré de guichet unique, en mobilisant des expertises techniques marocaines et en déployant des équipes locales.
Un environnement sectoriel favorable au Maroc
Cette ambition se déploie dans un contexte national très porteur. La réforme du système de santé, la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), la montée en charge des CHU et l’essor de l’hospitalisation privée alimentent une demande croissante en équipements, consommables et services biomédicaux.
Vicenne est particulièrement bien positionnée pour répondre à cette demande. Le groupe bénéficie de partenariats solides, parfois exclusifs, avec des fournisseurs de référence comme Philips, Elekta, Mindray ou encore Abbott.
Il propose une offre intégrée couvrant toute la chaîne de valeur : équipements lourds, dispositifs médicaux implantables, services de maintenance, gestion des déchets, et bientôt santé connectée et biotechnologies.
Une matrice SWOT équilibrée
La note de BKGR met en avant plusieurs points forts : un positionnement stratégique sur des segments à haute valeur ajoutée, une expertise technique reconnue avec plus de 70 ingénieurs biomédicaux, une structure logistique performante, et un historique de croissance rentable (+19,9% par an entre 2022 et 2024).
Ceci dit, deux faiblesses sont relevées : l’absence d’un département R&D en interne, et la dépendance à certains partenaires clés. Quant aux menaces, elles sont classiques dans ce type d’activité : intensification de la concurrence, ruptures d’approvisionnement, ou encore évolution du cadre réglementaire.
En contrepartie, les opportunités sont nombreuses : réforme du secteur de la santé, croissance du privé, développement africain et montée en puissance de la digitalisation médicale.
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