On peut encaisser trois buts et malgré tout être encensé pour sa prestation. C’est exactement ce qu’a vécu Yassine Bounou, le lundi 30 juin, face à Manchester City, en huitième de finale de la Coupe du monde des clubs. Une nuit qui confirme, s’il en était encore besoin, que l’international marocain est l’un des gardiens les plus marquants de sa génération.
Yassine Bounou ne pouvait pas faire grand-chose sur les trois buts encaissés. Mais il a eu le mérite de rester concentré après l’ouverture du score des Citizens, en réalisant plusieurs arrêts de classe mondiale. Grâce à lui, ses coéquipiers ont pu regagner les vestiaires avec seulement un but de retard, là où l’écart aurait pu être bien plus conséquent.
Avant d’analyser ses arrêts les plus déterminants, « il faut d’abord souligner l’état d’esprit avec lequel il a abordé cette compétition. Il semblait encore plus motivé que pendant la saison », confie à Médias24 Zouhair Afifi, entraîneur des gardiens de l’équipe nationale U17. Ses prestations durant ce Mondial des clubs ont été d’une grande qualité.
Cela dit, « les gens s’extasient sur la dernière performance de Yassine Bounou, mais il enchaîne les grands matchs depuis des années, que ce soit avec l’équipe nationale ou en club. Pour moi, il fait clairement partie des cinq meilleurs gardiens au monde », affirme Saïd Zaibila, entraîneur des gardiens, passé notamment par le club belge de l’Union Saint-Gilloise.
Dans la continuité d’une carrière déjà riche en trophées, sa prestation face à Manchester City a été un condensé de tout ce qui caractérise le gardien moderne. Outre sa taille (1 m 95) et son envergure, Yassine Bounou s’est distingué par sa personnalité et sa capacité à diriger sa défense. Les consignes qu’il adresse à ses coéquipiers sont claires, fermes, mais toujours posées.
Cette maîtrise émotionnelle lui permet de préserver son influx nerveux et de rester concentré à chaque instant. Sur le plan technique, il a une nouvelle fois démontré une lecture du jeu exceptionnelle, doublée d’un sens du timing irréprochable. Sur son premier véritable arrêt du match, Al Ahly était mené par des Citizens qui multipliaient les temps de jeu.
Ci-dessous, une compilation vidéo des arrêts de Yassine Bounou face à Manchester City :
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Yassine Bounou a gardé son équipe dans le match grâce à ses arrêts. Nous étions à la 24ᵉ minute lorsque Erling Haaland a lancé dans la petite profondeur son ailier Savinho, qui avait pris à revers la défense grâce à un appel en diagonale. C’est à ce moment-là que le show Bounou a commencé.
« Sur cette action, on voit qu’il a une très bonne lecture de jeu de la passe en profondeur, car il a réussi à sortir au bon moment », explique Saïd Zabila. Sauf qu’en face, il avait un joueur de grande classe en la personne de Savinho.
Le Brésilien a d’abord essayé un crochet sur Yassine Bounou pour l’effacer et tirer dans le but vide. Du moins pour un œil novice. Mais en réalité, le gardien marocain « a délibérément orienté son adversaire vers l’angle fermé pour mieux le contrer. Il a d’abord plongé et fait écran avec sa main droite », décrypte Afifi Zouhair.
Concentré, l’international marocain ne s’est pas fait non plus prendre sur la feinte de tir tentée ensuite par Savinho. « En se jetant, il n’a pas lâché son adversaire des yeux. Ce qui lui a permis de s’adapter à la situation », complète Saïd Zabila.
Comment ? « En s’appuyant sur sa souplesse et son intelligence, il a réussi à faire un arrêt écran avec son autre main pour boucher l’angle de tir », apprécie Afifi Zouhair. Et ce n’est pas tout.
Toujours en première mi-temps, et alors que son équipe était menée, Yassine Bounou a gagné un face-à-face décisif contre le milieu de terrain allemand Ilkay Gündogan. Sur le coup, le Citizen a tenté de lober le gardien marocain.
« Les un contre un sont la force de Yassine Bounou. Gündogan pensait que Bounou allait se mettre au sol, mais il est resté sur ses appuis pour effectuer une parade de la main droite », souligne notre interlocuteur.
Si Yassine Bounou n’avait pas été déterminant sur ces deux actions, les Citizens auraient eu trois buts d’avance et le sort de la rencontre aurait sans doute été scellé. Raison pour laquelle Afifi Zouhair les considère comme « les parades du match ». La suivante pourrait largement rentrer dans cette case également.
D’abord, car elle intervient dans la foulée de son arrêt face à Gündogan. Ensuite, parce que c’était un arrêt très difficile. « Le ballon arrivait au-dessus de sa tête. Et dans ce genre de situation, il n’est pas aisé de choisir quelle main utiliser. Mais la réaction de Yassine Bounou a été parfaite », affirme-t-il.
En seconde mi-temps, l’international marocain n’a pas chômé. Mais il a surtout brillé par sa sérénité et son calme. En plus, ses relances vers ses attaquants à chacune de ses prises de balle ont donné du rythme et ont permis à ses coéquipiers de lancer des contre-attaques éclair.
« Sans oublier sa dernière intervention de la rencontre, au bout des prolongations, lorsqu’il s’est imposé dans les airs », conclut Zouhair Afifi. Une intervention qui a justement donné de l’air à ses coéquipiers et validé leur billet vers les quarts de finale, où les attend Fluminense, le vendredi 4 juillet.