Depuis plusieurs semaines, Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD, sillonne le Royaume pour présider les congrès régionaux de son parti. Pour animer ces meetings, il a trouvé un nouveau cheval de bataille électoral : la cause palestinienne et la guerre à Gaza.

Comme s’il avait l’exclusivité de la défense de la cause palestinienne dans un pays où le Roi préside le Comité Al Qods, le chef de file du PJD va jusqu’à verser dans l’insulte contre ceux des Marocains qui sont d’un avis légèrement ou totalement différent du sien. Il n’hésite pas à puiser dans le lexique animalier et risque de l’épuiser s’il continue sur sa lancée : aux dernières nouvelles, soit le dimanche 29 juin, il a utilisé le terme « insectes ».

Sorties inédites

Après Gaza et la cause palestinienne, la guerre entre Israël et l’Iran a donné lieu à de nouvelles et inédites sorties du secrétaire général du PJD. Abdelilah Benkirane apporte son soutien total et sans ambages à Téhéran, malgré le froid qui traverse les relations entre le Maroc et l’Iran depuis plusieurs années.

Son raisonnement ? Quand il s’agit de divergences bilatérales entre le Maroc et l’Iran, Abdelilah Benkirane est du côté de son pays. Quand c’est un conflit qui oppose l’Iran à Israël, il est à 500% pro-Téhéran.

« Nous ne pouvons que nous ranger aux côtés de l’Iran face à la colonisation », a-t-il répété lors du congrès régional de son parti à Casablanca, le 29 juin.

Cette nouvelle idylle avec l’Iran lui a même valu un énième surnom sur les réseaux : « Ben Iran » (le fils de l’Iran). « Je suis Ben Iran et j’en suis fier », a-t-il répondu à ses détracteurs.

Les accointances entre l’Iran, son proxy le Hezbollah et le polisario contre la vraie première cause nationale du Maroc et des Marocains ? Abdelilah Benkirane préfère ne pas en parler, éventuellement de peur de voir son « raisonnement » prendre l’eau de toutes parts.

Sauf que les faits sont têtus. Par le biais du Hezbollah, l’Iran a apporté son soutien au polisario, un soutien qui ne s’est pas arrêté aux mots de circonstance, mais a consisté en une aide militaire, logistique et de formation.

Les séparatistes du polisario, des « frères » ?

Un autre responsable de premier plan a manqué lui aussi une précieuse occasion de se taire. Le 29 juin à Errachidia, chef-lieu de la région Drâa-Tafilalet, Abdellah Bouanou, membre de la direction, député de Meknès, ex-maire de la même ville et chef du groupement parlementaire, a déclaré que les séparatistes du polisario étaient « nos frères », des « Marocains égarés ».

Il a de ce fait affirmé refuser de voir cette bande classée organisation terroriste, une option que ne défendent pas uniquement les Marocains, mais aussi plusieurs responsables politiques et influents think tanks à l’étranger. Que propose Abdellah Bouanou ? Que le polisario se saborde et que ses dirigeants rallient le Maroc pour aider à faire aboutir le plan d’autonomie.

Quelques heures avant cette sortie du responsable PJDiste, les « frères » du Polisario avaient tiré des projectiles vers la ville marocaine de Smara dans un acte qui n’a qu’une seule qualification : du terrorisme. Et qui sait ? Peut-être que ces projectiles proviennent de l’Iran et ont été acheminés par le Hezbollah au sud de l’Algérie…

https://medias24.com/2025/05/02/le-1er-mai-du-pjd-discours-choquant-de-abdelilah-benkirane/