Lors de la conférence de presse tenue en marge du 23ᵉ Forum sur la stabilité financière islamique de l’IFSB, le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, a confirmé que le Maroc se prépare à émettre une deuxième obligation islamique (sukuk), après une première émission réalisée en 2018.
En réponse à une question d’un intervenant qui rappelait que le gouvernement avait annoncé, dans la note de présentation du projet de loi de finances 2025, une nouvelle émission de sukuk, le wali a confirmé que ce projet reste bel et bien d’actualité.
Le gouverneur a indiqué que des travaux techniques sont en cours, en concertation avec le ministère des Finances et le Conseil supérieur des oulémas, afin de valider l’opération.
« Nous devons revoir les projets et voir jusqu’à quel point nous pouvons les relancer. Nous nous sommes réunis en 2023 pour étudier une émission de sukuk d’un montant d’environ 1 milliard de dirhams », a-t-il précisé.
Le wali a insisté sur le fait que l’avancement de ce dossier dépend de la validation chariatique indispensable (du point de vue de la Charia), ainsi que de la mise en place des conditions techniques adaptées au marché marocain.
« On ne peut avancer sans l’avis du Conseil supérieur des oulémas. Les discussions se poursuivent pour cadrer tous les aspects nécessaires ».
Cette nouvelle émission vise notamment à répondre au besoin de liquidité des banques participatives, un frein majeur au développement de la finance islamique au Maroc.
« Aujourd’hui, l’encours des financements participatifs atteint près de 35 milliards de dirhams, alors que les dépôts plafonnent autour de 12 milliards de dirhams. Il existe un déséquilibre structurel qu’il faut corriger », a-t-il ajouté.
Malgré sa part encore marginale, représentant environ 2% des actifs bancaires, la finance participative a enregistré une croissance rapide au Maroc, avec une progression de 27,6% entre 2019 et 2024.
Les autorités ambitionnent désormais de mettre en place un marché structuré de sukuk souverains, capable d’attirer des investisseurs institutionnels, y compris en provenance des pays du Golfe et de la finance islamique mondiale.