Dans une soirée exceptionnelle placée sous le signe de l’émotion et de l’interaction, le maestro marocain Amine Boudchart a dirigé, vendredi 27 juin sur la scène Nahda, un véritable chœur populaire vivant, captant l’âme d’un public enthousiaste à l’occasion de la 20e édition du Festival Mawazine.
Au lendemain de sa performance, Boudchart a déclaré à Médias24 être très heureux du succès du concert. « Vous ne pouvez pas imaginer la joie que j’ai ressentie quand l’administration du festival a annoncé que le public atteignait les 200.000 personnes. Je remercie chaque personne qui était présente. Ils sont venus, et ensemble, nous avons ravivé notre patrimoine musical ».

Dans une ambiance électrique, les spectateurs ont repris en chœur des titres soigneusement sélectionnés, tels que « Sawalt alik oud wo nay« , « Lma yejri kodami, « Yalli sourtek bin einaya« , « Ya bent lamdina » ou encore « Ach dani oualash mchit« , transformant l’instant en un moment de communion chantée et de nostalgie collective.
Le public, porté par l’intensité du moment, a fait vibrer la scène en entonnant d’une seule voix des classiques intemporels du répertoire marocain et arabe : « Nidaa Al Hassan« , « Nour El Ain« , « Ezzine Elli Atak Allah« , « Ya Bent Ennass Ana Faqir« , « Alach Ya Ghazali » et « Jana El Hawa« , dans une ambiance chaleureuse et vivifiante.
Mais la soirée ne s’est pas arrêtée là. Fidèle à sa volonté de transmission, Amine Boudchart a fait le choix de partager la scène avec de jeunes artistes, pour la plupart inconnus du grand public. « Comme vous l’avez vu, j’avais plusieurs talents avec moi. L’idée m’est venue quand j’ai découvert, à ma grande surprise, à quel point il y a au Maroc une richesse d’énergies et de talents. Il manquait juste une petite impulsion pour qu’ils puissent s’exprimer ».
Le public a ainsi découvert des voix nouvelles, des musiciens prometteurs, portés par la générosité de Boudchart. « Hier, je leur ai donné leur chance. J’espère que le public a apprécié ces surprises, et qu’on les verra, un jour, performer sur les grandes scènes.
Amine Boudchart a poursuivi cette envolée musicale avec des compositions personnelles, parmi lesquelles « Jibli Jam« , fusion audacieuse entre sonorités balkaniques, égyptiennes et marocaines, ou encore « Laila« , qui marie tonalités classiques et vibrations du guembri, emblématique de la tradition gnawa, tout en y insufflant l’énergie du mezoued tunisien et du Ribab soussi.
Musicien autodidacte passionné depuis son plus jeune âge, Amine Boudchart a su développer ses talents en parallèle de ses études d’ingénierie, avant d’achever sa formation musicale au Conservatoire en France en 2020. Avec son projet artistique interactif « La chorale, c’est vous », il s’est imposé comme une figure innovante de la scène musicale, redéfinissant le lien entre artiste et public à travers des performances participatives où les spectateurs deviennent acteurs de l’expérience sonore.