La Bourse de Casablanca entame un deuxième semestre sous de bons auspices. Le MASI a progressé de 23,9% au premier semestre 2025, tandis que le MASI 20 affiche une hausse de 25,4%, des performances parmi les plus fortes de ces dernières années.
Or, cette dynamique aurait pu être encore plus marquée sans deux chocs extérieurs venus freiner la progression du marché.
En avril, l’annonce de nouveaux droits de douane américains sur les exportations marocaines a pesé sur le moral des investisseurs, entraînant un repli de 2,1% sur le mois. Puis en juin, le regain des tensions entre l’Iran et Israël a ravivé l’aversion au risque.
Dans ce contexte tendu, le MASI est parvenu à gagner 1,8% sur le mois. Et malgré ces secousses, la Bourse reste sur une trajectoire exceptionnelle, soutenue par des résultats d’entreprises solides et un regain d’intérêt pour les actions marocaines.
Source: medias24.com
Un premier semestre dynamique sur toute la ligne
La Bourse de Casablanca a connu un premier semestre 2025 marqué par un net regain d’intérêt de la part des investisseurs, ce qui s’est traduit par une hausse significative des échanges et des valorisations.
En tête des progressions, plusieurs valeurs ont offert des performances spectaculaires. Stroc Industrie a connu une envolée de 491,5%, suivie de Fenie Brossette qui grimpe de 289,81%.
Généralement, entre mai et juin, le marché a connu une rotation vers plusieurs small caps, après un début d’année porté par les grandes capitalisations.
Plusieurs titres de moindre taille, souvent peu liquides, ont enregistré des envolées impressionnantes, à l’image de Stroc Industrie. Pourtant, ces flambées continuent d’interroger les analystes, faute d’éléments fondamentaux clairs pour justifier de tels niveaux de valorisation.
Viennent ensuite Sonasid avec une hausse de 159,2%, ou encore TGCC qui gagne 80,6%. Ces titres ont attiré de nombreux investisseurs, séduits par leur potentiel et les paris de marché.
À l’inverse, quelques valeurs sont restées à la traîne. Le titre SBM recule de 18%, tandis qu’Addoha cède 5,9% et Alliances 1,%.
Sur le plan sectoriel, la dynamique a été portée par plusieurs compartiments clés. L’énergie, d’abord, a fortement contribué avec l’explosion de Taqa Morocco dont le titre a plus que doublé sur le semestre, en hausse de 108,96%.
Le secteur minier a également connu un regain d’intérêt avec des performances solides pour Managem qui avance de 81,7%, Minière Touissit de 46,6% et SMI de 22,2%.
Par ailleurs, la santé et la pharmacie ont continué de séduire les investisseurs avec des hausses significatives pour Akdital qui gagne 37,9% et Sothema 59,4%. Il en est de même pour Risma dans le tourisme, avec une progression de 51,7%.
Les financières, de leur côté, ont affiché des performances robustes. Bank of Africa gagne 36,6%, tandis qu’Attijariwafa bank progresse de 19,5%. Ces valeurs restent des piliers du marché, bénéficiant d’une bonne visibilité sur leurs résultats.
Enfin, l’activité a été particulièrement concentrée sur quelques grandes valeurs qui continuent de capter l’essentiel des volumes. Attijariwafa bank arrive en tête avec plus de 6,28 MMDHs échangés, suivie de TGCC avec 4,45 MMDH, de Marsa Maroc avec 4,41 MMDH, de Maroc Telecom avec 4,3 MMDH, et d’Akdital avec 4,23 MMDH.
Où va le MASI au second semestre 2025 ?
Après un premier semestre dynamique, la trajectoire du MASI pour les mois à venir reste orientée positivement, soutenue par plusieurs catalyseurs économiques et financiers.
« Le marché actions a connu une belle performance au premier semestre, et je pense que cette dynamique va certainement se poursuivre dans les mois à venir. Plusieurs facteurs alimentent cet optimisme : un taux directeur maintenu à 2,25% qui pourrait même être abaissé, une inflation maîtrisée, une bonne dynamique des entreprises cotées et le retour des investisseurs individuels. La CAN 2025 et la Coupe du monde 2030 sont aussi des catalyseurs qui renforcent cette trajectoire positive », commente un analyste.
Dans ce contexte, la perspective d’un franchissement du seuil des 19.000 points pour le MASI d’ici la fin de l’année se renforce, avec une capitalisation qui pourrait dépasser les 1.000 milliards de dirhams. « Nous sommes confiants quant à la poursuite de cette dynamique, portée par des résultats solides et un environnement économique favorable ».
Le contexte macroéconomique du Royaume continue d’afficher des fondamentaux solides. La croissance du PIB au premier trimestre 2025 s’est établie à 4,8%, dépassant ainsi les prévisions.
Sur le front monétaire, le maintien du taux directeur à 2,25% soutient la dynamique économique, d’autant que la possibilité d’une nouvelle baisse lors des prochaines réunions de Bank Al-Maghrib n’est pas écartée. Cette orientation accommodante est renforcée par une inflation contenue et par une amélioration des conditions de liquidité.
À cela s’ajoutent des facteurs sectoriels qui devraient continuer à jouer un rôle moteur dans la performance boursière au second semestre.
Le secteur du BTP bénéficie de la relance des grands chantiers et des projets d’infrastructures, ce qui profite à des valeurs comme TGCC ou Jet Contractors.
Le secteur de l’énergie conserve un fort potentiel, soutenu par la stabilité des prix du pétrole et les perspectives de croissance de la demande locale, avec des titres comme Taqa Morocco en ligne de mire.
Enfin, le secteur bancaire, toujours au cœur du marché, devrait continuer à tirer profit de la reprise de la demande de financement et de l’amélioration des indicateurs économiques.
Dans le même temps, d’autres secteurs apportent également leur contribution : les exportations de composants aéronautiques progressent de 14%, celles des engrais de 12,3% et celles des produits agricoles de 7,5% à fin avril 2025.
Le tourisme reste bien orienté avec une croissance des recettes de 7,5%, tandis que les investissements directs étrangers affichent une hausse remarquable de 37%.
Cette combinaison de facteurs laisse entrevoir une poursuite de la dynamique haussière du MASI, même si le marché pourrait marquer une pause technique durant l’été, comme à l’accoutumée. Les perspectives pour la fin d’année restent toutefois bien orientées.