Même si l’amour du football demeure la principale motivation des joueuses engagées dans la Coupe d’Afrique des nations féminine, dont le coup d’envoi sera donné samedi 5 juillet par le Maroc contre la Zambie, les récompenses financières prévues représentent une source de motivation non négligeable non plus. D’autant qu’elles sont en hausse de 45% pour atteindre 3,4 millions de dollars US (34 MDH).

La répartition des dotations financières pour les équipes participant à la CAN féminine se décline comme suit :

– Vainqueur : 1.000.000 USD (9,8 MDH) ; 

– Finaliste : 500.000 USD (4,9 MDH) ; 

– Troisième place : 350.000 USD (3,4 MDH) ; 

– Quatrième place : 300.000 USD (2,9 MDH) ; 

– Quarts de finaliste (4 équipes) : 200.000 USD chacune (1,9 MDH) ; 

– Troisième de groupe : 150.000 USD (1,4 MDH) ; 

– Quatrième de groupe (3 équipes) : 125.000 USD chacune (1,2 MDH) ; 

– Montant total des récompenses : 3.475.000 USD (34 MDH).

Aux antipodes de l’économie du football au masculin, les joueuses ne roulent pas sur l’or. A fortiori, celles qui évoluent sur le continent. « Cette augmentation devrait favoriser l’amélioration des rémunérations des joueuses, des entraîneurs et des staffs techniques », assure un communiqué de la Confédération africaine de football.

Selon un rapport de la FIFA, tous pays confondus, le salaire annuel moyen des joueuses avoisine 10.900 USD (107.000 dirhams). « Ce montant atteint 24.030 USD (235.500 DH) au premier échelon, mais il est quelque peu biaisé du fait d’une poignée d’équipes : 16 grands clubs issus de sept pays rémunèrent en effet leurs joueuses à hauteur de 50.000 USD (490.000 DH) par an en moyenne », précise l’instance internationale.

Dans certains pays africains, une joueuse de première division peut recevoir un revenu de 38 euros par mois (410 DH). Dans d’autres pays, les pratiquantes sont payées par jour (32 DH). Au Maroc, les conditions financières des joueuses se sont considérablement améliorées. Outre les salaires, elles sont également soutenues financièrement par la Fédération royale marocaine de football (FRMF).

« Une jeune fille qui aime le football, sa plus grosse contrainte, ce sont les charges liées à cette pratique : tenue, chaussures, ballon, repas, le volet hygiénique… Des charges par rapport à sa famille. Quand elle devient une joueuse aguerrie, ces charges augmentent », précise Fouzi Lekjaa, président de la FRMF, dans une récente interview au journal L’Équipe.

Afin de professionnaliser cette pratique, un minimum de revenus pour les joueuses est désormais assuré en première et seconde divisions, environ 320 euros par mois (3.450 DH) pour la D1, 240 euros (2.590 DH) par mois pour la D2.

« Cela permet à ces filles d’assurer les charges, de se concentrer sur le football et d’avoir une rémunération, à laquelle s’ajoute, bien sûr, le revenu contractuel avec le club. Ce revenu minimum est garanti. L’objectif final est de rendre ce football féminin beaucoup plus attractif, d’encourager les familles à intégrer le projet », conclut Fouzi Lekjaa.

Si les primes offertes à la CAN féminine marquent un progrès historique, elles ne suffisent pas à combler le fossé économique qui sépare encore le football féminin du modèle masculin, notamment en Afrique. Mais des pays comme le Maroc montrent qu’un changement est possible.