Dans le sillage de leur sélectionneur, Jorge Vilda, les Lionnes de l’Atlas s’avancent vers un moment charnière de l’histoire de l’équipe nationale féminine. D’autant que la Zambie, qu’elles rencontrent ce samedi 5 juillet au stade olympique de Rabat (21h), en ouverture de la Coupe d’Afrique des nations féminine, ne leur rappelle pas que de bons souvenirs. 

L’un des trois adversaires du Maroc dans le groupe A (aux côtés du Sénégal et de la République démocratique du Congo) a privé Ghizlane Chebbak et ses coéquipières des joies de participer aux Jeux olympiques de Paris 2024. Un crève-cœur pour toute une génération, qui espérait inscrire son nom dans l’histoire du football féminin marocain.

Cet échec n’est pas le seul qui a jalonné le parcours récent des Lionnes de l’Atlas, mais il reste l’un des plus marquants. Au même titre que la défaite en finale de la dernière édition de la CAN face à l’Afrique du Sud. C’était le 23 juillet 2022 à Rabat. La fête s’annonçait grandiose.

Du moins jusqu’à ce que l’Afrique du Sud ne la gâche en disposant des Lionnes de l’Atlas (2-1). Le sélectionneur national de l’époque, Reynald Pedros, n’avait pas réussi à faire baisser la pression qui pesait sur les épaules de ses joueuses. La déception fut à la hauteur des attentes.

Le technicien français avait réussi à remonter la pente, en qualifiant les Lionnes de l’Atlas jusqu’en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2023, pour la première fois de leur histoire. Mais il n’a pas survécu à l’élimination (4-0) et encore moins à un style de jeu où la priorité était de d’abord bien défendre avant d’attaquer.

La nomination de Jorge Vilda, en novembre 2023, s’inscrit justement dans la volonté de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) de passer un palier sur le plan du palmarès et du contenu sur le pré, afin d’accompagner la montée en puissance de la discipine dans le pays.

Classement FIFA évolution équipe nationale féminine

En devenant champion du monde avec l’Espagne, le natif de Madrid était naturellement une cible privilégiée pour la FRMF, qui n’envisageait pas de confier les rênes de la sélection féminine à un profil moins expérimenté.

« J’ai senti une vraie volonté de développement du football féminin. On m’a donné les moyens, j’ai pu construire mon staff, et l’accueil a été exceptionnel », se remémore Jorge Vilda dans un entretien accordé à la Confédération africaine de football (CAF). 

S’il a lancé son aventure sur l’échec d’une élimination aux JO 2024, le sélectionneur national commence à imprimer son style, en mettant en place un projet de jeu, basé sur la possession, le pressing haut et le mouvement, dans la pure tradition espagnole. 

« Mon objectif, en tant qu’entraîneur, a toujours été d’aider les joueuses et les équipes à progresser. je pense qu’en près de deux ans, nous avons contribué à faire progresser la sélection et le football féminin marocain », assure-t-il. 

En comparaison à l’ère Reynald Pedros, l’équipe nationale féminine est plus prolifique offensivement sous Jorge Vilda : 2,8 buts marqués en moyenne par match contre 1,25 pour Reynald Pedros. Une volonté d’imposer à l’adversaire son style au lieu de s’y adapter, symbolisée par une position plus haute du bloc marocain sur le terrain. 

Les Lionnes de l’Atlas (en blanc) sont en nombre (7) dans les 30 mètres adverses avec une bonne occupation du terrain.

Mais c’est une stratégie à double tranchant, qui expose un peu plus sa défense (0,9 but encaissé par match contre 0,75). Ce projet de jeu implique une pression instantanée sur l’adversaire à la perte du ballon. Autrement, les Lionnes de l’Atlas sont vulnérables dans leur dos, car l’espace entre la défense et la gardienne est plus important. 

Sur cette action, les Lionnes de l’Atlas n’ont pas effectué de pressing. Cela a donné l’occasion aux adversaires de gagner du terrain.
Ainsi, les adversaires ont plus de chance d’exploiter l’espace dans le dos de la ligne défensive qui est haute.

Bien qu’il garantisse que ses joueuses « vont se battre sur chaque ballon », Jorge Vilda doit absolument trouver un équilibre en phase de transition attaque-défense, car la Zambie s’en nourrit allègrement. 

« On connaît bien la Zambie, on s’est affrontés en qualifications olympiques. C’est une équipe qui a beaucoup progressé cette dernière année, avec des joueuses très puissantes, rapides, fortes physiquement, qui évoluent dans les meilleurs championnats », prévient Vilda. 

Troisième lors de la dernière édition de la CAN, la Zambie est une place forte du football africain, puisqu’elle a représenté le continent au Mondial 2023 et aux Olympiades de Paris 2024. Barbra Banda et Racheal Kundananji sont ses principales armes offensives. Elles sont rapides et explosives.

Tout ce dont a besoin Nora Häuptle pour mettre en place le jeu rapide en transition qu’elle affectionne tant. Nommée sélectionneuse de la Zambie en janvier 2025, après une expérience réussie avec le Ghana, Nora Häuptle ne compte pas ménager les Lionnes de l’Atlas. Charge à elles de rester vigilantes sans pour autant se brider offensivement.