Pour cette deuxième soirée de Jazzablanca, les festivaliers ont été embarqués dans un voyage sonore allant du rock réinventé à la samba solaire, avant de plonger dans le funk légendaire de Kool & The Gang. Une nuit dense, vivante, électrique.
C’est le jeune guitariste virtuose Marcin, phénomène polonais au jeu aussi technique qu’inclassable, qui a ouvert la soirée sur la scène 21. Silhouette fine, tignasse indomptable, il a électrisé le public avec des mashups insensés : ‘Alors on danse’ de Stromae fondu dans une rythmique de métal, un clin d’œil à System of a Down, et même des envolées classiques percutées façon flamenco.
Ses doigts allaient plus vite que l’œil, et la foule, d’abord intriguée, s’est rapidement laissée embarquer dans ce tourbillon virtuose. C’était inattendu, brut, jouissif.
À la tombée du jour, le ton s’est adouci mais pas l’intensité. Le Brésilien Seu Jorge, immense voix de la samba, a pris le relais. Guitare à la main, il est apparu comme une caresse dans la chaleur.
Connu pour ses reprises en portugais de tubes légendaires, il a cette fois plongé Casablanca dans les rythmes percussifs de son Brésil natal. La scène vibrait de chaleur et de sensualité. Le public, bercé par les rythmes afro-brésiliens, ondulait dans une espèce de douce transe.
Puis, vers 23h , Kool & The Gang a surgi. Légendes vivantes du funk, ils ont ouvert avec Funky Stuff : les cuivres éclataient, les jambes se déliaient. Quand les premières notes de ´Cherish’ ont résonné, les couples se sont rapprochés, les téléphones se sont allumés, les voix se sont fondues dans une grande chorale populaire. C’était doux. Et puis tout s’est emballé : Get Down On It, Celebration, explosion générale. Une fête collective, pleine de sourires et de sueur.
Casablanca a dansé jusqu’au bout de la nuit. Vendredi, Jazzablanca a tenu parole : du groove, du cœur, et cette magie rare qu’on n’oublie pas.