Les OPCVM marocains terminent le premier semestre 2025 sur un niveau d’encours de 728,9 MMDH. Ce chiffre reflète une nette progression de l’épargne collective par rapport au début de l’année, où les encours s’établissaient à 660,9 MMDH. La hausse atteint ainsi 10,3% en l’espace de six mois.

La comparaison avec l’année précédente est encore plus marquante. En effet, au 30 juin 2024, les encours des OPCVM s’élevaient à 600,7 MMDH. La croissance atteint donc 21,3% sur un an, ce qui confirme la dynamique positive de la gestion collective au Maroc.

Or, cette trajectoire ascendante a été ponctuée par un pic historique atteint à la mi-juin, où les encours ont frôlé les 791,9 MMDH.

Pourtant, la fin du mois de juin a été marquée par un repli significatif, avec une baisse de 7,2% entre le 20 et le 30 juin.

L’analyse par catégorie met en lumière des tendances différenciées.

Depuis le début de l’année, les OPCVM actions continuent de tirer la croissance avec une progression de 30,9% entre janvier et fin juin. Les fonds diversifiés enregistrent également une performance solide (26,2%).

À l’inverse, les fonds monétaires et contractuels affichent des évolutions plus contrastées. Les monétaires reculent légèrement de -0,84% sur le semestre. Les contractuels enregistrent la baisse la plus marquée, soit -15,9%

Les catégories OCT et OMLT, qui représentent les plus gros volumes en encours, affichent des évolutions plus modérées. L’OMLT progresse de 9,5% sur le semestre, tandis que l’OCT reste quasi stable avec une croissance de 1,2%.

Alors, comment peut-on expliquer ces évolutions différenciées entre les catégories d’OPCVM ? Pourquoi observe-t-on un repli des encours après un pic historique atteint à la mi-juin ? Et quelles sont les raisons derrière les baisses marquées dans certaines catégories, comme les monétaires ou les contractuels ?

Des évolutions différenciées portées par les marchés, les taux et les arbitrages

La correction observée en fin de semestre s’explique avant tout par un mouvement naturel après plusieurs mois de progression soutenue. « C’est typiquement un mouvement d’arbitrage. Après plusieurs hausses consécutives, certains investisseurs institutionnels choisissent de sécuriser une partie de leurs gains et de rééquilibrer leurs positions. C’est un comportement rationnel, surtout dans un marché qui a connu une telle accélération », résume un professionnel du marché.

Après avoir franchi un sommet historique à 791,93 MMDH à la mi-juin, les encours des OPCVM ont marqué le pas, avec un repli de 7,2% sur la dernière décade du mois. Une dynamique classique qui intervient souvent à l’approche des fins de période, quand les investisseurs réajustent leurs stratégies et procèdent à des arbitrages pour sécuriser une partie des gains.

Les fonds actions et les stratégies diversifiées continuent d’afficher des rendements attractifs sur la période [performance annuelle, ndlr], avec des hausses de l’ordre de 15% à 28% selon les profils de sensibilité.

Ainsi, les arbitrages se sont naturellement orientés vers les OPCVM actions et les diversifiés, qui offrent davantage de potentiel de performance. Cette réallocation est visible dans les chiffres : sur le semestre, les encours des fonds actions ont bondi de près de 31%, tandis que les fonds diversifiés progressaient de plus de 26%.

À l’inverse, les catégories plus prudentes comme les monétaires et les contractuels ont enregistré des baisses ou des stagnations, conséquence directe de ce contexte de taux bas et de quête de rendement. Les investisseurs, notamment les institutionnels, semblent avoir privilégié une prise de risque mesurée en réduisant leur exposition aux actifs à faible rémunération.

« Il faut dire aussi que l’investissement à long terme, même en période de volatilité, tend à mieux récompenser les portefeuilles diversifiés. Ce principe, bien connu des professionnels, repose sur l’idée que la régularité des versements et l’exposition progressive au marché permettent de lisser les points d’entrée et d’accroître les performances à terme ».

« C’est précisément ce qui explique que les OPCVM, en tant que véhicules diversifiés, continuent d’attirer une partie croissante de l’épargne, y compris dans un environnement économique encore marqué par les incertitudes ».

« C’est ce qui explique en grande partie les arbitrages opérés ces dernières semaines : les investisseurs se sont progressivement détournés des catégories plus défensives pour se repositionner sur des segments qui offrent un meilleur potentiel de performance », commente un professionnel du marché.

À l’inverse, les catégories à dominante obligataire ou monétaire, malgré leur stabilité, peinent à rivaliser en termes de rendement sur ce type d’horizon.

« On voit clairement qu’après le pic atteint mi-juin, les investisseurs ont réduit leur exposition aux monétaires et aux OCT pour se repositionner partiellement sur les actions et les diversifiés.  C’est un arbitrage classique en fin de semestre, dicté par la recherche de rendement ».

« Ce repli des encours ne traduit pas une perte de confiance, mais plutôt un ajustement entre les différentes classes d’actifs. La tendance de fond reste orientée vers des supports plus dynamiques, comme en témoignent la résistance des actions et la bonne tenue des diversifiés ».

La Bourse de Casablanca reste sur une trajectoire haussière, portée par l’amélioration des fondamentaux macroéconomiques et des perspectives bénéficiaires solides pour plusieurs grandes capitalisations. Le maintien par Bank Al-Maghrib de son taux directeur à 2,25% lors de la réunion de juin a confirmé un cadre monétaire assoupli, qui continue de soutenir les actifs risqués.

Enfin, l’aplatissement des taux obligataires et la détente monétaire amorcée ces derniers mois ont contribué à rendre certains produits de taux moins attractifs.