Il s’agit du traditionnel baromètre annuel établi par l’institut royal espagnol Elcano sur la base d’un sondage mené auprès d’un petit échantillon de 1.000 personnes à la fin du mois de mai.
Plus que la Russie ou les États-Unis, 55% des personnes sondées estiment que le Maroc est la principale menace extérieure pour l’Espagne. Ce taux est respectivement de 33% et de 19% en ce qui concerne les États-Unis et la Russie.
Si l’on se réfère aux années précédentes, on s’aperçoit, toujours selon le même baromètre, que ce sentiment prêté aux Espagnols envers le Maroc va croissant : 35% en 2021 et 49% en 2024.
D’après les conclusions de l’institut Elcano, les craintes des Espagnols trouveraient leur origine dans les tensions passées entre Madrid et Rabat, notamment l’incident de 2021, lorsque les autorités marocaines auraient laissé passer une vague de migrants irréguliers à Sebta. Ce que les médias ibériques qualifient de « stratégie de pression hybride ».
📢 Presentamos las conclusiones de la 45ª oleada del Barómetro del Real Instituto Elcano.
🧵 #BRIE pic.twitter.com/P9DsDCXWBP— Real Instituto Elcano (@rielcano) July 7, 2025
Ce sentiment a quelque peu diminué avec le changement de position du gouvernement Sánchez au sujet du Sahara, mais cela n’a pas été suffisant pour enrayer la perception croissante du Maroc comme une menace.
Selon le rapport de l’institut Elcano, ce sentiment est plus fort au sein des électeurs des partis de la droite, à raison de 56%, contre 38% chez les électeurs des partis du centre, et seulement 29% dans les rangs de l’électorat de gauche.
Le chercheur Ignacio Molina, l’un des contributeurs au rapport, a déclaré au quotidien El País que le Maroc est perçu par une part importante des Espagnols comme un adversaire « au ton rhétorique hostile », en référence aux revendications historiques de Rabat sur Sebta et Melilia.