Réuni le 7 juillet 2025, le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS) a validé la 12ᵉ édition de son rapport annuel sur la stabilité financière. Parmi les points saillants figure la conduite de stress tests macroéconomiques visant à évaluer la capacité de résistance du système financier marocain face à des chocs défavorables.
Des tests de résistance pour confirmer la solidité du secteur bancaire
Ces stress tests menés par Bank Al-Maghrib confirment la robustesse du secteur bancaire marocain, qui continue d’afficher des indicateurs solides en matière de solvabilité et de liquidité.
En dépit d’une montée des créances en souffrance, le système bancaire conserve des ratios de solvabilité confortables : un ratio de fonds propres de base de 13,5% en moyenne et un ratio global de 16,2%, bien au-dessus des exigences réglementaires. Sur une base consolidée, ces ratios s’établissent respectivement à 12,3% et 14,1%.
Cette dynamique s’est traduite par un rendement des fonds propres (ROE) de 9,5%, confirmant la capacité des banques à générer de la rentabilité tout en renforçant leur solidité.
La capacité des banques à absorber d’éventuels chocs macroéconomiques, tout en respectant les seuils prudentiels, a été testée à travers différents scénarios défavorables.
Les résultats montrent que même en cas de dégradation de la conjoncture, la solidité financière du secteur serait préservée. Le ratio de liquidité à court terme reste lui aussi supérieur au minimum réglementaire, renforçant cette confiance.
Le secteur des assurances également passé au crible
Les entreprises d’assurances ont elles aussi été soumises à des exercices de stress tests, centrés sur des chocs macroéconomiques et techniques défavorables.
Les conclusions sont similaires à celles du secteur bancaire : une résilience globale confirmée, soutenue par un renforcement significatif de la marge de solvabilité, qui atteint désormais 354,7%, contre 330,4% un an auparavant.
Cette solidité est d’autant plus importante que le secteur a profité d’un contexte favorable en 2024-2025, avec une hausse des plus-values latentes liée à la bonne tenue des marchés financiers et à la détente des taux.
Le résultat net des assureurs progresse de 2,9% pour atteindre 4,4 MMDH, et le rendement des fonds (ROE) propres reste stable à 9,6%.
Une vigilance maintenue malgré des signaux rassurants
Si le CCSRS se montre confiant, il n’en reste pas moins vigilant. La montée des créances en souffrance dans le système bancaire (passées de 8,4% en 2024 à 8,8% à fin avril 2025) et les déséquilibres structurels persistants des régimes de retraite constituent des points de fragilité à surveiller.
En résumé, les stress tests confirment la résilience du système financier marocain face aux incertitudes économiques, mais le CCSRS rappelle la nécessité de rester prudent face aux risques émergents.