Le déficit athlétique du Maroc est apparu au grand jour lors du match d’ouverture de la Coupe d’Afrique des nations 2024 face à la Zambie (2-2), avec plus d’un duel sur deux perdu. Moins armées physiquement, les Lionnes de l’Atlas devront donc miser sur leur intelligence de jeu et leur maîtrise technique pour regagner les points abandonnés en route, face à la République démocratique du Congo, ce mercredi 9 juillet à 20 h au stade olympique de Rabat.

À l’occasion de cette rencontre qui s’inscrit dans le cadre de la 2e journée du groupe A, le Maroc devra à tout prix éviter de reproduire les erreurs du premier match, où il s’est littéralement tiré une balle dans le pied. En laissant trop d’espaces et en offrant de nombreuses situations de contre, les joueuses de Jorge Vilda ont été punies.

Une aubaine pour les Zambiennes, qui ont parfaitement exploité leur puissance et leur vitesse pour transpercer à plusieurs reprises la défense marocaine. Ce scénario est le résultat d’une somme de défaillances collectives et individuelles.

À commencer par un manque de justesse technique dans les trente derniers mètres (seulement 67% de passes réussies). La compacité du bloc est également en cause. Les lignes étaient trop espacées, la distance entre les joueuses trop importante pour gêner les transitions défense-attaque adverses à la perte du ballon.

Sans surprise, les Marocaines n’ont intercepté que quatre ballons en 95 minutes de jeu. C’est beaucoup trop peu, et cela souligne l’inefficacité du pressing à la perte, notamment en première période. La pointe basse du triangle au milieu, Yasmine Lamrabet (défenseuse centrale de métier), manquait de repères à ce poste.

Sa lenteur l’a empêchée de contenir les vagues adverses (2 duels gagnés sur 5, une seule interception). Autre problème : la hauteur de la ligne défensive, qui a favorisé les courses des attaquantes zambiennes.

Contre la République démocratique du Congo, un adversaire que le Maroc a battu à deux reprises en matchs amicaux (2-1, 3-2), il y a un peu plus d’un an, les Lionnes de l’Atlas risquent de revivre un scénario similaire.

Surtout en présence de Merveille Kanjinga, surnommée « Cyborg ». Formée au TP Mazembe et récemment transférée au Paris Saint-Germain, elle est rapide, puissante et d’une efficacité redoutable. Elle rappelle la Zambienne Barbra Banda, qui avait martyrisé la défense marocaine à chacune de ses accélérations.

Et au vu du manque de marquage préventif et de mécanismes de compensation dont ont fait preuve les Marocaines, l’inquiétude est réelle. Certes, la RDC, qualifiée pour la première fois depuis douze ans, est moins redoutable que la Zambie sur le papier. En témoigne la lourde défaite des Congolaises face au Sénégal (4-0).

Mais le Maroc ne devrait pas lui faciliter la tâche pour autant. Plusieurs ajustements s’imposent, que l’on peut résumer en six points clés :

– Récupération haute : récupérer le ballon le plus haut possible (fin de pressing ou interception) pour limiter les espaces laissés derrière ;

– Répli rapide : basculer immédiatement en posture défensive après la perte du ballon pour gêner la relance adverse ;

– Bloc compact : resserrer les lignes entre défense et milieu pour fermer les brèches ;

– Protection des ailes : marquage serré sur les ailières adverses pour empêcher les débordements rapides ;

– Ligne de hors-jeu maîtrisée : maintenir une défense haute pour couper les ballons dans la profondeur ;

– Milieu défensif ciblé : positionner un ou deux milieux récupérateurs pour freiner les transitions adverses.

Au-delà de ces ajustements, Jorge Vilda aurait tout intérêt à revoir sa feuille de match et son onze de départ. À défaut de tout chambouler, il pourrait au moins aligner chaque joueuse à son poste de prédilection, afin de renforcer les automatismes et de limiter les approximations individuelles. Le but ultime étant de masquer les lacunes de certaines joueuses et de tirer pleinement parti de leurs points forts.