Le succès du Maroc contre la République démocratique du Congo (4-2), ce mercredi 9 juillet, dessine une progression par rapport au nul face à la Zambie, mais pas encore assez consistante défensivement pour assumer pleinement son statut de favori de la Coupe d’Afrique des nations féminine 2024.
Alors que la Zambie avait battu le Sénégal (3-2) en ouverture de cette 2ᵉ journée du groupe A, le Maroc avait absolument besoin d’une victoire. Sachant que les deux premiers de chaque groupe ainsi que les deux meilleures troisièmes se qualifient pour les quarts de finale, quatre points devraient suffire.
Conscient de l’aspect décisif de ce match, le Onze national a lancé son match tambour battant en se créant deux occasions lors des cinq premières minutes. Un tir des 25 mètres de Yasmine Lamrabet est passé à quelques centimètres au-dessus des cages adverses, suivi d’une volée de Fatima Tagnaout qui a frôlé le poteau gauche de la gardienne de la RDC.
Mais les Marocaines se sont inclinées sur la première incursion de la star de la RDC (8e), M. Kanjinga, dont la tentative du droit, croisée à ras de terre, a filé sous la jambe droite d’une Khadija Er-Rmichi peu décisive jusqu’ici dans cette CAN.
Le passage à deux milieux défensifs décidé par le sélectionneur Jorge Vilda n’a pas eu l’effet escompté, certainement par manque d’agressivité. Finalement, ce n’est pas tant le système de jeu qui compte, mais son animation et l’attitude des joueuses, qui manquaient parfois de vice et d’agressivité.
Au point que les attaquantes de la RDC pouvaient récupérer le ballon et effacer plusieurs joueuses marocaines avec une facilité déconcertante. Du haut de ses 32 ans, Ibtissam Jraidi a tenté de sonner la révolte. Sauf que sa frappe du gauche à l’entrée de la surface de réparation s’est écrasée sur la transversale (15ᵉ). Ghizlane Chebbak a repris le flambeau de la révolte quelques minutes plus tard.
D’une magnifique volée au cœur des 16 mètres, la capitaine des Lionnes de l’Atlas a égalisé en exploitant un mauvais renvoi de la défense. À l’origine : un centre de Zineb Redouani. Une situation de jeu qui s’est répétée à plusieurs reprises, puisque Jorge Vilda a demandé à ses joueuses de contourner la densité axiale du bloc adverse en écartant le jeu sur les côtés.
Pour preuve : le doublé de Ghizlane Chebbak, consécutif à un centre de Z. Redouani (45′). Le troisième but de la compétition de Chebbak est certainement le moins difficile. Il lui a suffi de pousser le ballon dans les cages après un coup de billard dans la surface adverse.
Au fil des minutes, les Lionnes de l’Atlas pressaient mieux et se montraient plus vigilantes et concentrées afin d’assurer un marquage préventif plus efficace. Il faut dire aussi que la seconde mi-temps ne s’est pas déroulée sur un rythme endiablé. L’entrée énergique de Sanaa Mssoudy n’a pas suffi à emballer la rencontre.
Le technicien espagnol a bien tenté d’apporter du sang frais pour enfoncer le clou. Cependant, c’est par Ghizlane Chebbak que la lumière a failli surgir une deuxième fois sur une tentative lointaine, claquée en corner par Fideline Ngoy (66’).
Ibtissam Jraidi a elle aussi eu l’occasion d’inscrire le but du break, mais l’attaquante d’Al Ahli (Arabie saoudite) a mal négocié un deux contre un. Et à ce niveau, ça ne trompe pas. Lancée en profondeur, Emeraude Mawanda s’est chargée de le rappeler aux Marocaines en trompant la portière marocaine d’un enroulé du droit. (70’).
Ce niveau de concentration fluctuant est rédhibitoire dans la quête de la CAN. Cela pourrait s’expliquer par une condition physique défaillante. Et s’il faut, à chaque fois, que Ghizlane Chebbak sorte ses équipières de l’ornière, cela risque de ne pas suffire à long terme.
La capitaine s’est jetée comme une lionne sur un centre au cordeau pour inscrire son troisième but de la soirée et offrir un précieux avantage au Maroc à un quart d’heure de la fin du temps réglementaire.
Éprouvées, les joueuses de Hervé Happy commettaient erreur sur erreur, dont une faute sanctionnée d’un penalty, transformé par Yasmine Lamrabet (83’). La qualification se jouera à coup sûr, lors de la 3ᵉ journée contre le Sénégal, samedi 12 juillet.