Depuis le début de la CAN féminine 2024 organisée au Maroc, plusieurs initiatives « subtiles » de la Fédération algérienne de football ont suscité l’étonnement, voire l’indignation.

Commençons par cette apparition étrange du sélectionneur de l’équipe nationale algérienne Farid Benstiti que l’on voit, lors d’une déclaration à la presse, avec le badge du tournoi enroulé autour du cou, d’une manière qui dissimulait le nom du pays hôte, le Maroc, dans un geste que beaucoup ont jugé délibéré et provocateur.

Ce comportement n’est en aucun cas isolé. Il vient s’ajouter à une série d’actes controversés, mais cette fois beaucoup plus flagrants. Lors d’une conférence de presse du même sélectionneur, diffusée en direct sur plusieurs chaînes algériennes, on relève la disparition du logo de Royal Air Maroc, sponsor de la compétition, sur les panneaux publicitaires présents à l’arrière du pupitre. Le logo de la RAM a été remplacé par le logo d’une autre marque partenaire, « TotalEnergies », un acte qualifié par les observateurs de “politisation systématique du sport et des médias”.

Plusieurs internautes ont également relevé que l’Algérie avait délibérément masqué, à l’aide de ruban adhésif, le logo officiel de la compétition apposé sur les sièges des joueuses, lors de son premier match remporté 1-0 face au Botswana, le dimanche 6 juillet.

Ces retouches ne sont pas anecdotiques : elles précèdent même le coup d’envoi du tournoi, ce qui suggère une démarche assumée, voire « systématique« , de la Fédération algérienne de football. Celle-ci avait en effet modifié l’emblème officiel de la compétition, supprimant la mention « Morocco 24 » sur plusieurs visuels officiels. L’un des exemples les plus parlants figure sur le visuel accompagnant l’annonce de la liste des joueuses retenues pour la CAN, où la modification est clairement visible en haut, au centre de l’image.

Quelques jours avant le coup d’envoi de la CAN, l’absence d’une représentante algérienne lors de la photo officielle du trophée, aux côtés des joueuses des autres sélections participantes, n’est pas passée inaperçue.


Malgré les tensions et les campagnes hostiles émanant du régime algérien, Fouzi Lekjaa avait, dans une déclaration à L’Équipe avant le tournoi, lancé un appel à l’apaisement et à l’unité. Le président de la FRMF avait, de surcroît, encouragé les Algériens à se rendre au Maroc pour soutenir leur sélection. »

« Sa Majesté le Roi a toujours affirmé que le Maroc est une terre d’accueil pour les Algériens. De nombreuses familles algériennes vivent ici en parfaite cohabitation. La sélection algérienne, ses supporters, qu’ils viennent d’Algérie ou d’ailleurs, seront accueillis chaleureusement dans un pays qui les considère comme des frères », a déclaré Fouzi Lekjaa.

Mais ces agissements répétés montrent que la tension politique entre les deux pays frères se répercute désormais clairement sur la scène sportive, à un moment où la Confédération africaine de football, ainsi que d’autres instances sportives internationales, appellent à la nécessité de tenir les compétitions sportives à l’écart des tensions politiques, et de respecter un esprit de neutralité et une conduite éthique envers toutes les équipes et délégations, indépendamment des conflits ou des différends diplomatiques.

Malgré toutes les provocations, le Maroc maintient son engagement à organiser les compétitions continentales selon les plus hauts standards d’hospitalité et de respect, affirmant que le sport demeure un pont de rapprochement et non une arène pour régler des comptes politiques.

La prochaine rencontre des Vertes, prévue ce jeudi 10 juillet à 18 heures contre la Tunisie, sera observée de près, car la Fédération algérienne, à la lumière de tous les actes entrepris depuis le début de la compétition, ne semble pas prête à se conformer au protocole officiel.

Première remarque pour ce match, et qui ne sera sans doute pas la dernière : la fédération algérienne n’a pas utilisé l’emblème officiel de la CAN sur le post de l’annonce du match pour éviter cette fois-ci toute critique.

Ces attitudes ont largement été dénoncées sur les réseaux sociaux par des influenceurs… algériens. « Arrêtez d’attaquer le Maroc et essayez de faire comme lui », lance l’un d’eux avec, en fond, les images des infrastructures sportives accueillant la CAN féminine et celles de plusieurs artères des villes du Royaume.