La 18e édition du Jazzablanca suit son cours. Les concerts s’enchaînent pour un public conquis. À cette occasion, Médias24 a rencontré Moulay Ahmed Alami, directeur de Seven PM et de Jazzablanca, pour mieux cerner les ambitions et les coulisses de ce rendez-vous devenu incontournable.

Cette année, la 18e édition du Jazzablanca innove avec plusieurs scènes inédites, notamment celle du parc de la Ligue arabe qui offre une programmation gratuite quatre jours durant. Cette initiative marque une étape importante dans la volonté du festival de s’ouvrir davantage à la ville et à son public.

Fort de ce succès, le directeur de Seven PM et de Jazzablanca, Moulay Ahmed Alami, envisage déjà l’avenir. Pour 2026, il souhaite prolonger cette programmation hors du site d’Anfa Park et ambitionne d’atteindre dix jours de festivités. L’objectif est clair : « réaliser une belle communion entre la ville et le festival », en renforçant le lien entre événement culturel et vie urbaine.

Faire durer le plaisir

Cette dynamique s’inscrit dans une ambition plus large. Selon Moulay Ahmed Alami, l’ultime objectif serait de voir naître, dans les années à venir, un « Jazzablanca étendu même sur vingt jours« .

Il précise que cette croissance ne vise pas à agrandir le site ni à créer des scènes gigantesques, mais plutôt « de proposer la meilleure expérience aux gens, de faire vivre la ville et de la faire découvrir à un maximum de personnes ». Même s’il reconnaît que « c’est compliqué d’associer à la fois succès et intimité ».

Une année « record »

Côté affluence, 2025 est une année record. Le concert des Black Eyed Peas a réuni 13.900 personnes sur site, dépassant largement les précédents chiffres qui oscillaient entre 8.000 et 9.000 spectateurs. D’autres concerts restent à venir, avec des artistes comme Tif, Oum, Ibrahim Maalouf et Macklemore au programme. « Je vous dirai à la fin du festival si nous avons battu d’autres records », avance avec enthousiasme Moulay Ahmed Alami.

Conscient de l’ampleur du défi que représente la pérennité d’un tel événement, il confie : « Chaque année, à la fin du festival, je dis que c’est ma dernière édition. Cela fait treize ans que ça dure. J’espère que nous en vivrons encore vingt autres ! ».

Une programmation « guidée par l’instinct »

Cette longévité s’explique aussi par une approche artistique singulière. L’équipe du festival opte pour des choix larges et instinctifs. « Nous n’avons pas de base, nous nous fions à notre instinct, à ce que nous aimons, et nous essayons de le partager avec les gens », explique Moulay Ahmed Alami. Ainsi, la programmation mêle jazz, musiques du monde et musiques actuelles.

On passe du soul à la pop, en passant par le funk et les musiques électroniques, avec une volonté de maintenir un « rythme, des instrus cohérents, une énergie qui monte du début à la fin de la soirée ». Selon le directeur, cette recette crée une véritable « magie du moment » avec les festivaliers, les incitant à revenir chaque année.

Un public fidèle et diversifié

Le succès du festival repose sur la diversité et la fidélité de son public. « Il n’y a pas un profil type parce que vous avez aussi bien des enfants en poussette que des personnes d’un âge très avancé », souligne Moulay Ahmed Alami. Le festival attire des personnes avides de partage, de découvertes, prêtes à prendre des risques et qui « aiment vivre à l’européenne, mais avec un accueil marocain ».

Une communauté de « Jazzaouis » s’est constituée au fil des années, regroupant 4.000 à 5.000 fidèles qui viennent chaque jour au festival, incarnant ainsi l’âme et la pérennité de Jazzablanca.