Cela fait à peine trois ans que Rachid Taoussi a officié pour la dernière fois à la tête d’une équipe de la Botola Pro, mais cela semble une éternité. Les fans de ce personnage haut en couleur peuvent se réjouir de son retour, puisqu’il a été nommé entraîneur du Kawkab Athletic Club de Marrakech, jusqu’en juin 2027. 

La direction du club marrakchi, promu cette saison en première division, n’a pas hésité à écarter Reda Hakam pour miser sur l’expérience de Rachid Taoussi dans l’élite. Même s’il a certainement gardé un œil sur le championnat national depuis la Tanzanie, où il officiait à la tête d’Azam FC, il n’a plus exercé au Maroc depuis une courte pige au Raja Athletic Club entre le 1ᵉʳ mars et le 22 juin 2022.

La connaissance du football marocain dont jouit Rachid Taoussi n’est pas remise en cause. Bien au contraire. Né en 1959 à Sidi Kacem, il a d’abord connu une modeste carrière de joueur, notamment sous les couleurs de l’Union sportive de Sidi Kacem puis des FAR de Rabat. 

Il remporte un championnat avec les militaires en 1989. Mais c’est sur les bancs qu’il va bâtir sa légende. En près de trois décennies de carrière, le technicien a multiplié les expériences au Maroc et à l’étranger. Après un sacre continental avec l’équipe nationale U20 en 1997, Taoussi enchaîne les expériences à la tête de plusieurs clubs de l’élite. 

Dans un CV long comme le bras, on retrouve, entre autres, le Maghreb Association Sportive de Fès, le Raja Club Athletic, les FAR de Rabat, l’Olympique Club de Khouribga et la Renaissance Sportive de Berkane. 

Rachid Taoussi, un personnage entier

Son passage le plus emblématique reste sans doute le premier au MAS (2009-2012), avec qui il remporte la Coupe du Trône, la Coupe de la CAF et la Supercoupe africaine. Peu de techniciens marocains peuvent en dire autant.

Mais la réussite le boude au poste de sélectionneur national, qu’il occupe entre 2012 et 2013. Une expérience mitigée conclue sur une élimination en phase de groupes de la Coupe d’Afrique des nations 2013.

Personnage entier, Rachid Taoussi a toujours affiché l’ambition d’entraîner en Europe. Or, son appel du pied lors de son passage dans l’émission Le vestiaire n’a jamais trouvé d’écho auprès des clubs du Vieux Continent. En revanche, ses différents coups de sang, et en particulier son altercation avec Hamza Bourrazouk, sont connus de tous. Cela ne l’empêche pas de rester une figure respectée dans le paysage du football marocain.

Son dernier défi, à la tête d’Azam FC en Tanzanie, s’est conclu par une qualification continentale, preuve que son savoir-faire reste reconnu au-delà des frontières. Revenir en Botola Pro, aux commandes d’un promu ambitieux, représente un pari audacieux, bien que dans ses cordes.

En choisissant Rachid Taoussi, le Kawkab de Marrakech envoie pour sa part un signal fort. L’objectif n’est pas simplement de se maintenir, mais de s’installer durablement parmi l’élite. Reste à savoir si le vétéran des bancs marocains saura insuffler à cette équipe stabilité et rigueur sur la durée. D’autant que son espérance de vie sur un banc ne dépasse pas un an en moyenne.