Le ministère de l’Équipement et de l’eau lance un pôle technologique regroupant l’École Hassania des travaux publics (EHTP), le Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE) et le Bureau d’études CID.
L’objectif affiché par le ministre de tutelle, Nizar Baraka, lors de la présentation du projet ce vendredi 11 juillet, est d’ »initier une synergie entre les pôles d’excellence nationaux. En fédérant la formation, l’ingénierie et la recherche, le pôle vise à bâtir un écosystème technologique innovant, interconnecté et tourné vers les grands défis, au service de la souveraineté technologique« .
Ce projet, a expliqué le ministre, incarne une « transition d’une approche verticale par métiers vers une logique intégrée, alliant savoir, savoir-faire et innovation ».
Parmi les missions principales du pôle :
– Encourager l’innovation ;
– Garantir une veille technologique permanente ;
– Soutenir la recherche appliquée et fondamentale au service de la souveraineté nationale ;
– Appuyer la mise en réseau de l’ÉHTP avec des centres de recherche et d’innovation internationaux pour anticiper les technologies de rupture et renforcer l’autonomie technologique du Royaume.
Trois piliers, un objectif commun
Le Pôle technologique repose sur trois entités clés, chacune apportant son expertise pour construire un écosystème « solide et intégré ».
>LPEE : vers un centre continental d’excellence en essais, recherche et innovation technologique
Le Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE) modernise ses équipements, renforce ses capacités de recherche et s’impose comme un acteur clé de l’innovation normative. Il joue un rôle central dans la définition des normes techniques, la connaissance des matériaux et la recherche appliquée dans des secteurs structurants : eau, infrastructures critiques, construction durable…
Son objectif à horizon 2040 est de devenir un centre continental d’excellence en essais, recherche et innovation, avec un rayonnement scientifique international.
>EHTP : former des ingénieurs hautement qualifiés
L’École Hassania des travaux publics (EHTP) se positionne comme le pilier de la formation d’élite en ingénierie. Pour cela, elle mène des réformes pédagogiques ambitieuses visant à répondre aux besoins technologiques actuels et futurs :
– Création de nouvelles filières stratégiques (matériaux, IA, data science, systèmes) ;
– Introduction de la pédagogie par projet et de l’anglais comme langue d’enseignement ;
– Obtention de l’accréditation internationale (ABET) ;
– Mise en place de laboratoires de pointe et d’un centre de recherche performant ;
– Modernisation du campus avec la création d’une tour technologique intégrant incubateur, coworking et laboratoires ;
– Renforcement de l’ouverture internationale avec plus de 50 universités partenaires à l’horizon 2040 ;
– Réforme de la gouvernance pour accompagner ce nouveau projet.
>CID : réservoir d’expertise national
Le bureau d’études CID complète ce trio en élargissant ses domaines d’expertise, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité, des biotechnologies et des infrastructures critiques. Pour soutenir cette évolution, CID a adopté une nouvelle organisation, avec la création d’une holding stratégique et deux filiales spécialisées :
–CID Développement, dédiée à la transformation digitale, la modélisation et la cybersécurité ;
–CID Conseil, axée sur la stratégie, l’innovation et le financement de projets.
Le CID renforce également sa présence à l’international, particulièrement en Afrique et au Moyen-Orient, grâce à des partenariats avec des institutions financières, bureaux d’études, universités et startups deeptech.
Un écosystème au service de la souveraineté technologique
Le Pôle technologique s’appuie sur un écosystème fondé sur cinq leviers :
– un système de veille scientifique et technologique de haut niveau ;
– l’intégration de la formation initiale, de la formation continue, de la recherche, de l’innovation et de la normalisation ;
– des passerelles fonctionnelles entre les différentes institutions de l’écosystème ;
– un accompagnement managérial fort et un transfert structuré du savoir ;
– un rayonnement international soutenu.
Comités scientifiques
Des comités scientifiques sont créés pour dynamiser le débat technique et enrichir la production scientifique nationale et régionale. Leurs actions incluent :
-La valorisation des publications scientifiques produites par les cadres du ministère et de son écosystème ;
-La participation active aux communautés scientifiques internationales ;
-L’organisation d’événements d’envergure (colloques, tables rondes, forums) ;
-La publication régulière dans des revues spécialisées ;
-Le renforcement de la présence du Maroc dans les instances scientifiques et techniques internationales.