Il n’a plus porté le maillot de l’équipe nationale depuis le 11 juin 2024 et une victoire face à la République démocratique du Congo (1-0), mais son nom est dans tous les esprits. Chadi Riad se remet d’une rupture des ligaments croisés subie en janvier 2025. Ce coup d’arrêt dans la carrière du prometteur défenseur central est intervenu après une indisponibilité de quatre mois en raison d’une autre blessure au genou.
Mais l’international marocain ne désespère pas. Dans un entretien accordé à beIN Sports, le natif de la Palma de Majorque est optimiste quant à sa participation à la Coupe d’Afrique des nations 2025, organisée au Maroc à partir du 21 décembre. En substance, Chadi Riad explique que la période qu’il a récemment vécue était sans doute la plus dure de sa carrière.
Voir ses coéquipiers s’entraîner sans lui au quotidien était un véritable crève-cœur. Mais il ne verse pas pour autant dans le fatalisme. Il affirme au contraire avoir tiré une grande force mentale de cette épreuve. Chadi Riad évoque une période de remise en question, mais aussi de travail acharné pour revenir plus fort, aussi bien physiquement que mentalement.
Il n’en faudra pas moins pour regagner sa place dans le groupe de l’équipe nationale. Cela dit, il est tenu en haute estime par le staff marocain et en particulier par Walid Regragui, qui voit en lui le complément idéal de Nayef Aguerd.

Certes, une charnière centrale composée de deux gauchers risque de poser des problèmes en termes de sortie de balle en particulier, mais d’un autre côté, le Maroc a prouvé dans un passé récent qu’il pouvait s’en sortir contre les grandes nations du football avec une telle paire.
Preuve en est la charnière Saïss-Aguerd qui avait atteint la demi-finale du Mondial 2022 au Qatar. En outre, le profil du défenseur formé à la Masia, l’académie du FC Barcelone, présente des garanties balle au pied comme nul autre défenseur marocain.
« Plusieurs joueurs ont été titularisés à côté de Nayef Aguerd ces derniers mois. Mais aucun n’a donné pleinement satisfaction », souffle à Médias24 un proche de l’équipe nationale. Il s’agit notamment d’Abdel Abqar, Jawad El Yamiq, Adam Masina et Jamal Harkass.
Par exemple, dans le cas du dernier nommé, la lenteur de ses sorties de balle et son incapacité à casser des lignes par la passe, la conduite ou le dribble sont rédhibitoires dans la progression du jeu du Onze national.
« Il a été constaté que, systématiquement, les adversaires orientent et activent leur pressing à chaque fois que le défenseur qui accompagne Nayef Aguerd est en possession du ballon. C’est compréhensible au regard de la difficulté de certains joueurs à jouer rapidement sans être obligés de faire plusieurs touches de balle », a expliqué notre source.
Cette constatation visuelle est corroborée par les chiffres (voir infographie). Il s’avère que Chadi Riad possède le plus haut pourcentage de passes réussies vers l’avant et de dribbles réussis. Il est également celui qui perd le moins de ballons parmi les derniers défenseurs à avoir évolué avec les Lions de l’Atlas.

Plus important encore, le joueur de Crystal Palace possède aussi le meilleur pourcentage de duels défensifs réussis. À la lumière de ces éléments, l’attente suscitée par son probable retour en EN est logique. Mais encore faut-il qu’il réussisse son pari.
Pour cela, il doit être non seulement apte physiquement pour reprendre la compétition, ce qui ne devrait pas tarder, mais le plus dur réside dans sa capacité à retrouver le rythme. Et tout cela en l’espace de trois mois. Un délai assez court. Généralement, pour revenir en forme et dans le rythme après une telle blessure, il faut compter près de six mois à partir de la phase de rééducation.
En tout cas, l’environnement de l’équipe nationale est convaincu de la capacité de Chadi Riad à retrouver son meilleur niveau en si peu de temps. Il est pratiquement acquis que, s’il enchaîne les matchs, « il fera partie du groupe qui participera à la CAN en décembre », assure notre interlocuteur.
Un vœu pieux qui ne dépend pas uniquement de l’optimisme de toutes les parties, mais aussi de Crystal Palace. Car, quand bien même Chadi Riad retrouverait les entraînements collectifs, son évolution dépend des choix de son entraîneur Oliver Glasner, qui risque de perdre son défenseur Marc Guéhi, annoncé du côté de Liverpool. Une aubaine pour l’international marocain.