Le rideau est tombé, samedi 12 juillet, sur la 18ᵉ édition de Jazzablanca. Et quelle clôture ! À Anfa Park, le festival s’est terminé comme une montée en crescendo : du groove ancestral des guembris à l’énergie brute du rap, en passant par la soul habitée et le jazz incandescent. Une nuit à l’image de Jazzablanca : métissée, généreuse, vibrante.

Dès les premières notes, la magie opère. Sous des lumières chaudes, Casablanca se prend des airs d’Essaouira. Sur scène, deux icônes de la musique gnawa se retrouvent : Mehdi Nassouli et Hamid El Kasri. Un moment fort, symbolique, où le maître et l’élève unissent leurs voix et leurs instruments dans une parfaite symbiose. Mehdi Nassouli, fidèle admirateur du mâalem El Kasri, rend hommage à son idole dans un dialogue musical habité, traversé par la transe et la mémoire.

À cette rencontre déjà puissante, s’ajoute une autre voix, celle d’Oum. Elle revient sur la scène Casa Anfa, à peine 24 heures après sa propre performance, pour offrir un instant suspendu entre les vibrations sahariennes, la soul et le jazz. Sa présence, toujours ancrée, lumineuse et engagée, fait résonner l’idée d’un art qui relie, qui rassemble et qui soigne.

Puis vient Bilal. L’Américain Bilal Sayeed Oliver, figure légendaire de la neo-soul et du gospel, entre en scène. Et la fusion opère. Sa voix, profonde et spirituelle, se mêle aux rythmes gnawa, aux harmonies jazz, aux lignes vocales d’Oum et Nassouli. Ensemble, ils créent un moment rare, puissant, traversé par les grandes traditions afro-américaines et africaines, dans une communion sonore qui transcende les genres.

Mais Jazzablanca, c’est aussi le choc des esthétiques. Et vers minuit, l’ambiance bascule. Sur l’immense scène d’Anfa Park, une silhouette en manteau de fourrure flamboyant surgit : Macklemore. Le rappeur de Seattle fait une entrée fracassante. « J’ai attendu ce moment toute l’année ! », hurle-t-il à un public déjà en transe. La foule exulte, et lui déroule un set incandescent.

De « Thrift Shop » à « Downtown », en passant par « Wings » ou « I Wanna Be Free », il alterne entre fête libératrice et introspection. Une performance scénique à la hauteur des attentes, marquée par une proximité sincère avec son public et une énergie contagieuse.

Il est une heure du matin. Le festival semble tirer sa révérence. Mais une dernière surprise attend les festivaliers. À la scène 21, les notes suaves d’un jazz pur, venu tout droit de La Nouvelle-Orléans, s’élèvent dans la nuit : Glen David Andrews et son band entrent en scène, apportant avec eux l’âme vibrante du jazz de rue de la Nouvelle-Orléans.

Une fanfare envoûtante ravive les esprits et accompagne les pas fatigués des mélomanes jusqu’à la dernière vibration. C’est la fin. Casablanca a dansé, chanté, vibré.

Jazzablanca 2025 s’éteint sur ces dernières notes magiques, laissant derrière lui des souvenirs intenses, des regards brillants, et des cœurs pleins. À l’année prochaine à Jazzablanca.