La nouvelle étape du Mouvement Damir est marquée par deux dates:

  • le 6 juillet, fin du mandat de Salah El Ouadie, militant politique et des droits de l’homme bien connu. Salah El Ouadie qui a reçu un bel hommage de la part de l’assemblée générale, reste en tant que président-fondateur. « Salah El Ouadia a su mettre toutes ses compétences au service du développement du Mouvement Damir, tout en agissant, parfois dans l’ombre, sans la recherche de la moindre gloire personnelle, en faveur d’un apaisement des tensions sociales et d’un raffermissement des relations entre les citoyens et les institutions du pays », déclare Mohamed Benmoussa.
  • le 11 juillet, première réunion du nouveau bureau qui élit Mohamed Benmoussa nouveau président. Benmoussa est un économiste engagé, qui est par ailleurs membre du PPS où il préside notamment le forum des économistes du progrès.
  • Les deux communiqués publiés à cette date sont intéressants à lire, de même que la nouvelle composition du bureau. Le mouvement qui opte pour l’ouverture d’antennes régionales semble garder son identité citoyenne tout en s’ouvrant davantage sur les aspects politiques. Une sorte de « continuité et transformation » avec « une ouverture périodique sur les jeunes », selon le nouveau président contacté par nos soins.

Un nouveau bureau exécutif pour Damir

Voici la composition du nouveau bureau exécutif:

-Mohammed Benmoussa : Président ; porte-parole officiel du Mouvement Damir.
-Houssine Elyamani : vice-président, responsable des secteurs des énergies, de l’eau et des libertés.
-Mme Rhizlane Benrezzouq : vice-présidente, responsable des secteurs de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation professionnelle.
– Anouar Elazhari : secrétaire général.
-Zakaria Acherqui : trésorier ; responsable de l’organisation interne et des structures régionales.
-Abdelmounim Khanfri : conseiller, responsable du secteur de la jeunesse.
-Mme Kenza Bouafia : conseillère, responsable de la communication et des relations avec les médias.
-Ahmed Elamraoui : Conseiller ; Responsable des secteurs de l’emploi, de l’agriculture, du monde rural et des Marocains du monde.
-Mme Sarah Bouazza : conseillère, responsable des secteurs de la santé, de la culture et des nouvelles technologies.

À l’issue de la réunion du 6 juillet, voici quelques points du communiqué de l’assemblée générale:

-Sur la confiance:

  • « le Mouvement Damir exprime sa vive inquiétude quant à l’érosion croissante de la confiance dans les institutions, lesquelles risquent d’être perçues comme purement formelles ou factices par les citoyens et les observateurs. Un tel climat pourrait entraîner des crises graves de légitimité institutionnelle ».
  • « La confiance nécessaire à la bonne marche des institutions dépend de l’application fidèle des dispositions constitutionnelles, du respect par chaque acteur de ses responsabilités légales, administratives, déontologiques et constitutionnelles. Elle suppose aussi des politiques publiques alignées sur les attentes des citoyens, une reddition régulière des comptes conformément au principe de responsabilité, une lutte déterminée contre la corruption, la prévention stricte des conflits d’intérêts dans la sphère politique et gouvernementale, une communication régulière, claire et responsable avec les citoyens, ainsi qu’une mise en œuvre réelle, globale et cohérente des réformes prévues par le nouveau modèle de développement ».

-Sur les élections et la représentation politique:

  • « il est impératif d’adopter un nouveau modèle politique, toujours dans le cadre constitutionnel, mais rompant avec le clientélisme, l’achat de voix dissimulé derrière l’aide sociale, ou encore la personnalisation du champ politique. (…) Ce modèle permettrait également que le chef du gouvernement, désigné par le Roi, soit choisi parmi les personnalités les plus aptes au sein de la majorité issue des urnes, et non sur la seule base des fonctions partisanes.

-Sur la place de l’opposition, le parlement et les libertés publiques:

  • « marginalisation répétée et systématique du rôle législatif et de contrôle du Parlement ;
    la domination du gouvernement sur le processus législatif ;
    « la promulgation de lois accentuant les inégalités sociales, en contradiction avec les principes de l’État social ;
    « le service d’intérêts de lobbies économiques par des politiques de privatisation, de dérégulation des prix, et de manipulation des marchés ;
    « l’atteinte continue aux libertés publiques, comme en témoignent les projets de loi sur le droit de grève et la procédure pénale ;
    « les poursuites visant des journalistes et blogueurs ;
    « l’indifférence persistante à la demande de libération des détenus des mouvements sociaux ».

Économie et société : « un constat d’échec »

Le Mouvement Damir évoque « l’échec patent de la politique gouvernementale, en dépit de son engagement à s’appuyer sur le nouveau modèle de développement. La croissance reste en berne, stagnante entre 3% et 4%, incapable de générer un réel progrès ni une redistribution équitable de la richesse. Le taux de chômage atteint un record de 13,3% (et même 21,3% selon le dernier recensement de septembre 2024), tandis que le taux d’activité global est tombé sous les 43%.

« Le taux d’activité des femmes, quant à lui, chute à moins de 19%, loin de l’objectif affiché de 30%. L’économie nationale a perdu plus de 153.000 emplois nets en moins de quatre ans, loin de l’objectif gouvernemental d’un million d’emplois. Le déficit commercial annuel s’aggrave de plus de 100 milliards de dirhams, la dette publique franchit les 1.300 milliards de dirhams, soit environ 82% du PIB ». Dans la dette publique, Damir inclut: dette du Trésor intérieure et extérieure + dette extérieure garantie au profit des EEP + dette intérieure garantie au profit des collectivités locales = 1.305 milliards DH à fin juin 2024. Notons que la dette du Trésor seule représente 67,7% du PIB à fin 2024.

« Tout cela malgré des pratiques controversées comme la vente d’actifs publics sous couvert de financements dits innovants. Par ailleurs, l’économie de rente continue d’entraver l’émergence des jeunes entrepreneurs, d’exclure les PME de la commande publique et du financement bancaire, et de concentrer les privilèges sur une minorité au détriment de l’intérêt général (carburants, raffinerie de Samir, dessalement, importation de viandes rouges…) ».

Le nouveau bureau exécutif « entend faire de ce mandat une période de transformation, d’ouverture élargie sur la société et d’action structurée au service tant des attentes des citoyens que des valeurs et objectifs du Mouvement Damir ».