Plus de deux mois de préparation, des litres de sueur, des sacrifices et d’innombrables heures de travail… Tout cela pour disputer, sur un match couperet, le droit de poursuivre l’aventure en Coupe d’Afrique des nations. Le football peut être ingrat. Car ce vendredi 18 juillet (20 h), au stade olympique de Rabat face au Mali, le Maroc peut décrocher son billet pour les demi-finales…  ou voir son rêve s’effondrer. Un Maroc-Mali de tous les dangers.

Par pur patriotisme, on espère évidemment que les Lionnes de l’Atlas l’emporteront. Mais le chauvinisme n’a jamais marqué de buts ni remporté de matchs. Il faudra du réalisme, de la solidarité et une détermination sans faille pour franchir cette étape et continuer à rêver.

Sans manquer de respect aux Maliennes, si les Lionnes de l’Atlas trébuchent, c’est qu’elles ne méritent certainement pas de remporter la première CAN de leur histoire. Même si souvent, la limite entre le mérite et la réussite est aussi fine qu’un fil de soie dans un sport qui est loin d’être une science exacte.

Mais il y a des signes qui ne trompent pas. « Chaque matin, je rencontre les joueuses marocaines et elles me confirment qu’elles sont prêtes pour le match contre le Mali », assure avec enthousiasme, lors du point presse, Jorge Vilda, le sélectionneur national.

Il faut dire que le champion du monde espagnol a largement eu le temps d’évaluer la motivation de son groupe, puisqu’il a eu quasiment une semaine complète pour préparer son équipe à un match sur un fil. Même si la complicité et la solidarité qui définissent ce groupe ne datent pas d’hier.

« Après deux mois, nous sommes devenus une famille, vivant ensemble 24 heures sur 24. Tout cela nous aide à aller de l’avant et à améliorer notre cohésion », a précisé Jorge Vilda. Toutefois, entre confiance et suffisance, il n’y a qu’un pas auquel il faut particulièrement faire attention pour ne pas trébucher.

« La plus grande source de pression vient de nous-mêmes, de notre envie de bien faire. Toutes les joueuses essaient de rester concentrées pour gagner », affirme le sélectionneur national. Mais pour gagner, il faudra également se montrer moins fébriles défensivement.

Lorsque le bloc équipe marocain se désolidarise, l’équipe se retrouve à la merci des qualités de vitesse et de puissance des joueuses adverses. Ce fut le cas lors des deux premières rencontres de la phase de groupes. Un peu moins à l’occasion de la courte victoire contre le Sénégal (1-0).

Autrement dit, le Maroc n’a toujours pas trouvé l’équilibre entre une attaque prolifique et une défense solide. Cela dit, on ne boudera pas notre plaisir si les Marocaines se qualifient sur le plus petit des scores. La phase à élimination directe n’est vraiment pas le meilleur moment pour faire la fine bouche.

D’autant que la ligne défensive devra assurer contre une équipe malienne, battue par le Maroc en amical en décembre dernier, mais « qui a reçu le soutien de nouvelles joueuses, dont deux rapides et puissantes, ainsi que trois ou quatre autres qui jouent en Europe et qui maîtrisent le jeu collectif et l’exploitation des espaces  », souligne Jorge Vilda.

« Leur principal atout est l’intensité et l’énergie qu’elles mettent dans le pressing, ce qui complique la tâche des adversaires  », complète-t-il. Dans le fond, peut-être que les Marocaines devront jouer un peu contre nature. Car les Maliennes ne sont jamais autant en difficulté que lorsqu’elles sont hors de position et qu’elles courent en direction de leur but.

En témoigne la lourde défaite du Mali contre l’Afrique du Sud en phase de groupes (4-0). Même si Jorge Vilda assure que le match était équilibré et que le score est un peu en trompe-l’œil, il n’en reste pas moins que la physionomie de la rencontre et le score sont révélateurs d’une certaine fragilité défensive en phase de transition attaque-défense.

Alors, au lieu d’essayer à tout prix de les acculer dans leur camp, il serait judicieux d’utiliser des mécanismes pour attirer leur bloc-équipe, avant de se projeter rapidement dans les espaces qu’elles laisseront dans leur dos. Un plan parfaitement exécuté par les tenantes du titre sud-africaines.

D’ailleurs, les Marocaines ne pourront croiser celles qui les ont privées du trophée il y a deux ans qu’en finale. En cas de qualification, les Lionnes de l’Atlas seront opposées en demi-finale au vainqueur du duel entre l’Algérie et le Sénégal. Voici le programme complet des quarts de finale :

– Vendredi 18 juillet : Nigeria – Zambie (17 h) et Maroc – Mali (20 h) ;

– Samedi 19 juillet : Algérie – Ghana (17 h) et Afrique du Sud – Sénégal (20 h).