La tension diminue progressivement à Torre Pacheco, ville espagnole de la région de Murcie, après les incidents racistes survenus ces derniers jours.

Contacté par Médias24, le consulat général du Royaume du Maroc à Murcie affirme « suivre de près ces incidents regrettables depuis le début ».

La consule générale du Royaume à Murcie, Sanaa Merouah, précise avoir été en « contact direct avec la déléguée du gouvernement régional, Mariola Guevara, et le chef de la Garde civile locale, Francisco Pulido Catalán ».

Selon notre source, ces derniers ont affirmé leur « engagement à garantir la sécurité des Marocains résidant à Torre Pacheco ». Dès les premiers jours, le consulat marocain a publié un communiqué exprimant « sa solidarité avec la communauté marocaine et appelant au calme et à la vigilance ». La consule générale du Royaume précise avoir « personnellement relayé aux autorités espagnoles les inquiétudes exprimées par les ressortissants marocains de la ville ».

Face à ces tensions, Sanaa Merouah souligne que « la situation a été maîtrisée ces deux derniers jours » et que le retour à la normale est en cours. « Aucune nouvelle alerte majeure n’a été signalée par la communauté locale, selon les échanges avec la délégation du gouvernement régional ». Par ailleurs, des dispositifs d’accompagnement ont été mis en place pour les victimes, aussi bien sur le plan psychologique que juridique.

« Le consulat dispose d’un service social chargé de répondre aux besoins spécifiques des citoyens marocains », nous précise la consule générale du Royaume. Elle ajoute avoir reçu des « propositions concrètes d’associations locales prêtes à offrir un soutien psychologique et juridique aux personnes concernées ».

Le chef de la Garde civile a, de son côté, confirmé que des lignes d’assistance téléphonique étaient disponibles pour toute victime de haine raciale ou de violences liées aux récents incidents.

Les incidents qui ont secoué cette ville proche de Murcie – où environ 30% des 40.000 habitants sont d’origine étrangère – ont été déclenchés par l’agression le 9 juillet d’un retraité de 68 ans, qui a affirmé avoir été « attaqué sans motif apparent par trois jeunes d’origine maghrébine ».

Ce fait divers, qui aurait pu rester un cas isolé, a été récupéré par des groupes radicaux extérieurs à la région. Plusieurs figures de l’ultradroite ont contribué à attiser les tensions. Elles ont notamment diffusé des messages haineux sur les réseaux sociaux, appelant à la violence ou à l’organisation de patrouilles citoyennes.

Au-delà du fait divers, la crise à Torre Pacheco s’inscrit dans une dynamique plus large de désinformation et de défiance à l’égard des institutions. Comme le rappelle un rapport de l’Institut Reuters, cité par Eldiarioar, la confiance envers les médias traditionnels et les responsables politiques est en nette baisse en Espagne, ouvrant la voie à l’essor de figures alternatives extrémistes.

Ces dernières tirent parti des algorithmes des plateformes sociales pour diffuser des messages ultra-politisés, monétisant le climat de haine et jouant un rôle direct dans la montée des tensions, comme cela a été observé à Torre Pacheco.