Un bâtiment centenaire où le passé héroïque du Royaume prend la parole. Installé dans l’ancienne succursale de la Banque du Maroc, reconvertie en état-major colonial, le Musée régional de la Résistance et de l’Armée de libération est un écrin d’identité.
« L’idée de créer un espace de la mémoire historique ici s’est imposée naturellement, tant Oujda a joué un rôle stratégique dans la lutte pour l’indépendance », explique Noreddine Azelmat, délégué régional du Haut-Commissariat aux anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération.
Inauguré en octobre 2011, ce lieu est le fruit d’une volonté politique forte, d’un engagement citoyen et d’un investissement de plus de 5,5 millions de dirhams.

En franchissant l’enceinte, le visiteur est plongé dans un parcours immersif. Des salles thématiques soigneusement aménagées déroulent le fil de l’Histoire nationale, depuis les premiers soulèvements jusqu’à l’édification de l’État post-indépendance.
La première pièce, solennelle, rend hommage à la dynastie alaouite à travers une galerie de portraits allant de Moulay Ali Chérif au Roi Mohammed VI. Un honneur aux monarques qui ont accompagné, guidé et incarné l’idéal d’un Maroc libre et souverain.

Ce ne sont pas les seuls visages qui marquent l’espace. D’autres portraits s’imposent avec force : ceux des martyrs et des figures emblématiques de la résistance. On y croise les regards graves de Mohammed Ben Abdelkrim El Khattabi, Assou Oubaslam ou encore Allal Ben Abdellah, mais aussi ceux de résistants anonymes originaires d’Oujda.
« Nous avons voulu mettre en lumière la contribution des fils de la région, ainsi que l’apport des Marocains à la guerre de libération de l’Algérie », précise Noreddine Azelmat.

Un espace est en effet entièrement dédié à la mémoire maroco-algérienne. On y découvre des archives précieuses, des certificats de martyre, des photos des centres du FLN installés à Oujda et les preuves tangibles du soutien logistique et humain apporté par le Maroc. « C’est une page d’histoire partagée, une mémoire maghrébine tissée dans le sang et la fraternité », déclare notre interlocuteur.
À l’étage, le musée retrace les grandes étapes de l’Armée de libération et de la Marche verte au serment des combattants, en passant par les photos historiques de feu le Roi Mohammed V à Mhamid El Ghizlane ou encore celles de feu le Roi Hassan II.
Le présent n’est pas en reste avec des photos de l’intronisation du Roi Mohammed VI ou de ses discours fondateurs. « Nous ne nous contentons pas d’exposer, nous voulons transmettre ». Pour cela, le musée accueille quotidiennement élèves, étudiants, touristes étrangers, chercheurs ou curieux.
Le délégué régional du Haut-Commissariat aux anciens résistants et anciens membres de l’Armée de libération constate que « les jeunes générations ont soif de sens. Cet espace leur offre des repères, des exemples, des leçons. Il éveille leur conscience citoyenne ».

Afin d’assurer son travail, l’équipe du musée organise toute l’année des conférences, ateliers, projections et publications en lien avec les établissements scolaires, les autorités locales et les associations. Ces efforts ont permis la création d’un réseau de treize musées similaires dans la région de l’Oriental.
« La mémoire ne doit pas dormir dans les vitrines. Elle doit circuler, s’incarner, être racontée », souligne Noreddine Azelmat.

Dans une salle silencieuse, une carte détaille la participation des soldats marocains aux deux guerres mondiales. À côté, une photographie émouvante montre feu le Roi Mohammed V recevant la Légion d’honneur des mains du général de Gaulle.
Enfin, une bibliothèque ouverte au public rassemble ouvrages, actes de colloques et recherches. « De sorte à ce que nul ne puisse dire ‘je ne savais pas’ et que demeure à jamais dans nos esprits le souvenir de ceux qui ont donné leur vie pour façonner l’avenir« , conclut Noreddine Azelmat.