Le Raja Club Athletic a officialisé la nomination de Sébastien Sommacal au poste de directeur sportif, le lundi 21 juillet. Ce choix traduit la volonté des Verts de redonner toute sa place à la formation et d’inscrire son projet sportif dans un cadre d’excellence sur la durée en s’appuyant sur de jeunes joueurs du club et d’ailleurs.
Sébastien Sommacal nommé Directeur Sportif du Raja Club Athletic. pic.twitter.com/l53QBsQBlz
— Raja Club Athletic (@RCAofficiel) July 21, 2025
De prime abord, le costume peut paraître un peu trop grand pour le Français, au regard des attentes suscitées par son arrivée mais aussi au vu des aspirations élevées annoncées par le comité directeur. Cela dit, il serait injuste de lui faire un procès d’intention.
Afin d’évaluer la compatibilité du nouveau directeur sportif du Raja avec les objectifs et l’environnement du club, il convient de revenir sur ses expériences passées, en particulier sur le continent africain. Mais avant d’envisager ce à quoi pourrait ressembler le futur du Raja, il est nécessaire de faire le distinguo entre les postes de directeur technique et celui de directeur sportif.
Déclaration du directeur sportif, M. Sébastien Soumacal. pic.twitter.com/gKtqjCWhFn
— Raja Club Athletic (@RCAofficiel) July 22, 2025
Le directeur sportif est le stratège global, responsable du recrutement, de la construction de l’effectif professionnel et de la coordination entre équipes. C’est lui qui définit la politique sportive du club en lien avec la direction. Le directeur technique, quant à lui, est davantage concentré sur la cohérence technique, la formation des jeunes, la philosophie de jeu et la progression des joueurs.
Cela dit, dans certains clubs et contextes, les rôles de directeur technique et directeur sportif peuvent se confondre ou se chevaucher. Il arrive donc que ces fonctions soient exercées par une seule personne. C’est sans doute le cas de Sébastien Sommacal.
Un profil compétent sur le papier
Au-delà de son expérience au Tours FC en qualité de directeur sportif, la plateforme TransferMarkt indique qu’il a été directeur technique à l’Étoile du Sahel et au Club athlétique bizertin. Le club casablancais précise pour sa part qu’il a occupé la fonction de directeur sportif en Tunisie.
À l’évidence, si Sommacal doit à la fois redorer le blason de la formation du club et réinstaller le Raja au sommet, tant au niveau national que continental, il aura sans doute la double casquette officieuse de directeur sportif et technique. Sur le papier, il en a les compétences.
Major de sa promotion au brevet d’État d’éducateur sportif et titulaire de la licence UEFA A, Sommacal a lancé sa carrière en tant que formateur-entraîneur au centre de formation des Girondins de Bordeaux. Même si le club est récemment tombé en disgrâce, il a longtemps été reconnu pour la qualité de son travail autour de la formation des jeunes.
Bien que ce passage en Nouvelle-Aquitaine ait pesé lourd dans la balance au moment où le comité directeur du Raja a porté son choix sur le Français, ses expériences en Tunisie sont plus à même d’offrir un aperçu de ses compétences dans l’environnement particulier du football africain.

Selon TransferMarkt, le technicien français a supervisé un total de 137 mouvements de joueurs durant ses passages en Tunisie. À noter que ces mouvements comprennent des transferts vers d’autres clubs, des promotions de joueurs des équipes de jeunes vers l’équipe première, des prêts, des retours de prêt ainsi que des joueurs partis en fin de contrat.
En détail, commençons par son expérience la plus récente. Au Club athlétique bizertin, entre juillet 2023 et mai 2024, il a orchestré 61 mouvements, comprenant 29 arrivées et 32 départs. La moyenne d’âge des joueurs recrutés était de 22,4 ans, preuve d’une stratégie d’investissement dans la jeunesse.
Toutefois, les résultats sportifs n’ont pas été transcendants. Durant l’exercice où Sébastien Sommacal était en charge, le CAB a bouclé la saison à une quatrième place en championnat. Il a également disputé une finale de Coupe. La saison qui a suivi son départ a été plus compliquée avec une neuvième place au classement et une élimination précoce en Coupe.
Le carnet d’adresses et un réseau développé seront déterminants
À l’Étoile sportive du Sahel, entre 2015 et 2017, il a supervisé 40 mouvements la première saison et 36 la suivante. Les joueurs recrutés avaient une moyenne d’âge comprise entre 21,5 et 23,8 ans, témoignant encore une fois de son attention portée aux prospects.
Une période marquée par des résultats plus que positifs, puisque le club a remporté la Coupe de la Confédération de la CAF et un titre de champion de Tunisie, avant d’échouer en finale de la Supercoupe CAF. La vente majeure de Baghdad Bounedjah à Al Sadd (Qatar) pour 3,5 millions d’euros est également à mettre à son crédit.
Même si la réussite d’un directeur sportif est souvent la somme d’un travail d’équipe. Cependant, malgré les résultats obtenus, des témoignages recueillis en Tunisie soulignent que son passage n’a pas laissé un souvenir impérissable.
Un constat fondé sur la difficulté pour un directeur sportif formé dans un environnement européen de s’imposer pleinement dans un rôle plus politique et stratégique en Afrique, où le carnet d’adresses et un réseau développé sont déterminants.
Le Raja, club sous pression permanente avec des supporters exigeants, a pris le pari audacieux de confier à Sébastien Sommacal la lourde tâche de conjuguer sa vocation formatrice avec les impératifs de résultats et de compétitivité immédiate.
Alors que des moyens seront mis à sa disposition à travers l’activation de la Société Raja et l’apport financier d’un investisseur de renom, Marsa Maroc, la réussite de Sommacal dépendra de sa capacité à adapter son expérience européenne et tunisienne à la réalité marocaine, à maîtriser les enjeux locaux et à construire un effectif solide incarnant l’identité et les ambitions du club. L’avenir nous dira si le comité directeur a fait le bon choix.