Signées en marge d’une journée d’étude consacrée au statut de la langue amazighe dans l’administration et la législation marocaines, les trois conventions visent à renforcer la coopération institutionnelle et coordonner les efforts d’élaboration et de traduction des textes juridiques en langue amazighe.

– Convention entre le SGG et le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration (MTNRA) :

Elle porte sur la mise en œuvre du programme gouvernemental relatif à l’officialisation de l’amazigh dans les domaines de l’administration, de la législation et de la réglementation.

Elle prévoit notamment le soutien à la production et à la traduction de textes législatifs et réglementaires fondamentaux en amazigh, l’élaboration d’un dictionnaire juridique et administratif de référence, ainsi que le recrutement d’assistants pour améliorer l’accueil, l’orientation et le conseil dans cette langue.

– Convention entre le SGG et l’IRCAM

Cette convention vise à intégrer progressivement l’amazigh dans le système juridique national, en renforçant les relations de coopération et de partenariat.

Elle porte sur la traduction, la formation, la documentation, les publications et la sensibilisation autour du caractère officiel de l’amazigh.

– Convention entre le MTNRA et l’IRCAM

Cet accord a pour objectif d’accompagner la mise en œuvre du programme gouvernemental dans son volet amazigh.

Il prévoit le développement de la traduction juridique vers cette langue, le soutien aux administrations, institutions publiques, collectivités territoriales et associations, ainsi que le renforcement des capacités linguistiques des ressources humaines dans les domaines juridique et administratif.

Des actions concrètes à engager

À l’issue de la cérémonie de signature, le secrétaire général du gouvernement, Mohamed El Hajoui, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, et le recteur de l’IRCAM, Ahmed Boukous, ont tenu une séance de travail dédiée à la définition des priorités de mise en œuvre des conventions et à l’identification des actions concrètes à engager.

Deux panels ont structuré la journée d’étude du mardi 22 juillet. Le premier a porté sur les visions institutionnelles de l’intégration de l’amazigh dans la législation, alors que le second a donné la parole à des experts, chercheurs et représentants d’organismes publics sur les approches académiques. L’objectif est de dresser un état des lieux, partager les expériences et explorer les meilleures pratiques internationales en matière de bilinguisme juridique.

Le secrétaire général du gouvernement, Mohamed El Hajoui, a salué, à cette occasion, une « forte impulsion » au processus d’officialisation de l’amazigh, appelant à des mesures concrètes pour promouvoir son usage dans les textes législatifs, administratifs et réglementaires. Il a aussi insisté sur l’importance d’accélérer la traduction juridique.

La ministre Amal El Fallah Seghrouchni a souligné les défis liés à l’intégration de l’amazigh dans le système législatif, appelant à la mise en place d’outils adaptés à la rédaction juridique dans cette langue, à une traduction de qualité et à une formation spécialisée pour garantir l’équité linguistique.

Pour sa part, Ahmed Boukous, recteur de l’IRCAM, a réaffirmé l’engagement de l’Institut en tant que « pôle de référence » pour la traduction en amazigh. Il a promis l’expertise de l’IRCAM pour accompagner les projets, former les cadres nécessaires et appuyer les administrations dans la mise en œuvre effective de cette langue dans leurs programmes.