Des documents circulant sur les réseaux sociaux, publiés par le hacker Jabaroot, mettent en cause F. Z. El Mansouri, accusée de conflit d’intérêts dans une affaire de vente de terrains familiaux.

La fiabilité de ces documents n’a pas été officiellement confirmée. Bien que le partage de ces documents piratés puisse tomber sous le coup de la loi, ils continuent à circuler largement et alimentent le débat autour de la ministre de l’Habitat et par ailleurs maire de Marrakech.

Selon les accusations portées par les hakers, et largement reprises et relayées en ligne, elle aurait « profité de ses fonctions pour constituer, entre 2023 et 2024, une fortune estimée à plus de 400 millions de dirhams par le biais de pratiques douteuses, notamment l’appropriation de vastes terrains à Marrakech à son profit et au bénéfice de ses proches ».

Une action en justice contre les auteurs des fuites

Restée silencieuse jusqu’ici, la ministre a rompu le silence ce jeudi 24 juillet en publiant une mise au point à l’intention de l’opinion publique locale et nationale.

La ministre « rejette toutes les fuites malveillantes » et condamne « ces campagnes malveillantes qui n’ont pour objectif que la diffamation et le discrédit ».

Elle affirme avoir déclaré, dès son élection en tant que maire de Marrakech en 2009, « son patrimoine et ses biens à la Cour des comptes, parmi lesquels figurait ce terrain » et continuer « de le faire conformément à la loi, laquelle permet aussi à toute personne d’y accéder dans le cadre du droit d’accès à l’information ».

La ministre affirme aussi qu’une action en justice a été intentée par le mandataire de la famille contre les auteurs de ces fuites qui falsifient et déforment les faits et la réalité.

La version de la ministre sur les terrains objet des documents fuités

Voici les précisions apportées par la mise au point de Mansouri :

  • « Les terrains évoqués relèvent d’un héritage, et leur propriété initiale revient à mon défunt père, Si Abderrahmane Mansouri, qui les avait acquis depuis 1978. Il les a achetés auprès de propriétaires privés, et non pas de l’État ni d’institutions publiques, contrairement à ce qui a été avancé dans les fuites malveillantes.
  • « Ces terrains sont des propriétés privées, et ne relèvent ni du domaine de l’État, ni des terres collectives (Guich), ni d’autres catégories similaires. Ils n’ont été partagés qu’après le décès de ma défunte mère, en 2023, et cela conformément aux procédures légales en vigueur.
  • « Le mandataire désigné par la famille a procédé à la vente des terrains mentionnés de manière transparente et légale, et a déclaré toutes les opérations de vente auprès de la Direction des impôts, qui a perçu ses droits conformément à la loi.
  • « Ces terrains se trouvent dans la commune territoriale de Tassoultante, et non dans le ressort territorial de la commune de Marrakech ; et comme toutes les terres de Tassoultante, elles sont soumises aux plans d’aménagement officiels approuvés en 2017, période durant laquelle je n’étais ni maire ni ministre.

F.Z. El Mansouri ajoute que « l’intégralité des revenus issus de ces ventes ont été investis dans des projets clairs et déclarés dans la ville de Marrakech ».