Pour accomplir de grandes choses, il faut forcément battre de grandes équipes. Le Maroc aura l’occasion de donner tout son sens à cette maxime en affrontant le Nigéria, ce samedi 26 juillet (21 h), en finale de la Coupe d’Afrique des nations féminine 2024, au stade olympique de Rabat. Un Maroc-Nigéria que tout le royaume et une partie de l’Afrique attendent avec impatience car il s’annonce palpitant comme l’écrit la CAF.

Dans leur quête d’un premier titre continental, les Marocaines devaient tôt ou tard trouver sur leur chemin l’équipe la plus titrée du continent (9 titres), le Nigéria.

La finale Maroc-Nigéria sera très difficile pour l'équipe marocaine. Ici, l'équipe du Nigéria.
L’équipe féminine de football du Nigéria.

On ne va pas se raconter d’histoires. Bien que le Maroc joue à domicile, il n’est pas le favori de cette finale.

Ghizlane Chebbak et ses équipières ne partent pas battues d’avance, loin de là, mais c’est un col hors catégorie qu’elles devront gravir.

Jusque-là, elles avaient franchi des monts escarpés, certes, mais rien de comparable à l’ascension qui les attend samedi.

Maroc-Nigéria: un duel au sommet

En data, les deux finalistes de la CAN féminine, Maroc et Nigéria.

Il existe certaines similitudes entre les deux équipes, mais aussi des différences notables. À commencer par leur parcours. Le Maroc et le Nigéria ont chacun terminé en tête de leur groupe respectif avec sept points. Des groupes globalement équilibrés, composés à la fois d’adversaires coriaces et d’équipes de niveau comparable.

De toute façon, seules les nations les plus compétitives atteignent la phase finale de la CAN. En phase éliminatoire, le Nigéria a dû relever un défi bien plus exigeant que celui du Maroc.

Les Super Falcons du Nigéria ont dû affronter la Zambie, équipe contre laquelle les Marocaines ont peiné lors du match d’ouverture (2-2). Pourtant, le Nigéria n’a fait qu’une bouchée des Zambiennes en leur infligeant une cinglante manita (5-0). Pour sa part, le Maroc a rencontré quelques difficultés afin de se défaire du Mali (3-1).

Un scénario qui s’est répété en demi-finale. Le Nigeria a dû ferrailler pour écarter l’Afrique du Sud, championne en titre, sur le score de 2-1, au terme d’une rencontre où le beau jeu laissait place à une tension extrême.

La victoire du Maroc contre le Ghana a elle aussi tenu le public en haleine jusqu’au bout de la soirée.

Après 120 minutes de jeu conclues sur un score de parité, les Lionnes de l’Atlas ont finalement validé leur ticket pour la finale en réussissant un sans-faute lors de la séance des tirs au but.

Le constat qui se dégage des parcours des deux équipes, c’est que les Marocaines ont eu plus de mal à atteindre la finale, alors qu’elles ont affronté des équipes relativement à leur portée, du moins en comparaison avec leurs adversaires du Nigéria.

Cela n’implique pas une supériorité manifeste des Nigérianes sur les Lionnes de l’Atlas, même si les statistiques tendent vers cette conclusion.

Maroc – Nigéria: des styles opposés

Avec le ballon, le Maroc privilégie le contrôle et une progression méthodique dans le camp adverse. Cela explique pourquoi l’équipe nationale affiche une possession moyenne plus élevée (64,1%) que celle du Nigeria (56,3%) qui mise sur des transitions rapides pour exploiter la vitesse et la puissance de ses joueuses, alors que les Marocaines s’appuient davantage sur leur technicité.

Cela dit, les deux stratégies portent leur fruit, puisque les deux équipes ont inscrit le même nombre de buts durant la compétition (11).

On note un léger avantage en termes d’efficacité pour les Marocaines, qui ont besoin de moins de tirs cadrés pour faire trembler les filets. En revanche, le Nigeria a bénéficié de beaucoup moins de penalties que son futur adversaire.

La solidité défensive est la grande force du Nigéria. Avec un seul but encaissé en cinq matchs, l’arrière-garde des Super Falcons apparaît presque imbattable. Elles n’ont peut-être rien révolutionné, mais elles brillent par leur discipline tactique, leur agressivité et un esprit de combat déterminant à ce niveau.

Pour les Marocaines, il n’y aura pas d’autre choix que de se surpasser et de faire preuve d’une grande intelligence collective et défensive. D’une part, pour limiter les espaces accordés aux attaquantes nigérianes. D’autre part, afin d’éviter les situations de un contre un, surtout sur les ailes.

Le rendez-vous de samedi promet un choc de styles, où la technique marocaine devra composer avec la puissance et la rigueur du Nigéria. Ce sera avant tout une bataille tactique et mentale, un moment décisif pour le football féminin africain, où deux visions du jeu se confronteront au plus haut niveau.