Après des mois de guerre, la population de Gaza manque cruellement de tout. Même les produits de première nécessité manquent à l’appel. Le système de distribution des aides humanitaires est bloqué par Israël, sur fond de souffrances civiles extrêmes.

Ce vendredi 24 juillet, le ministère de la Santé de Gaza fait état de 122 décès liés à la famine et à la malnutrition, dont 83 enfants. Rien que pour les dernières 24 heures, les hôpitaux de l’enclave ont enregistré neuf nouvelles victimes de la faim.

La GHF, un mécanisme contesté au cœur de la crise

L’un des principaux points de friction réside dans l’émergence d’un nouvel acteur : la Fondation Humanitaire de Gaza (GHF). Désignée par Israël pour coordonner la distribution de l’aide, la GHF a débuté ses opérations le 26 mai, devenant de facto le principal canal d’acheminement des aides pour plus de 2 millions de Gazaouis.

Mais ce mécanisme est largement contesté. L’ONU et de nombreuses ONG ont refusé d’y participer, accusant la GHF de servir davantage les objectifs militaires israéliens qu’humanitaires.

« Ce n’est pas une organisation humanitaire », dénonce Arwa Damon, fondatrice de l’ONG américaine INARA.  » On ne distribue pas d’aide humanitaire dans des zones complètement rasées et militarisées ».

Selon elle, la GHF ne fonctionne qu’à partir de quatre points de distribution situés le long de couloirs militaires, contre plus de 400 points utilisés auparavant par le réseau humanitaire traditionnel. Cette concentration extrême a entraîné des scènes de chaos et des violences meurtrières.

D’après les Nations Unies, près de 800 Palestiniens auraient été tués par les forces israéliennes à proximité de ces hubs, depuis fin mai, alors qu’ils tentaient de récupérer de l’aide dans un contexte de désespoir absolu.

Accès bloqué : les ONG traditionnelles face à un mur

De leur côté, les agences humanitaires historiques dénoncent leur marginalisation totale. L’UNRWA, l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, a déclaré mercredi disposer « de milliers de camions stationnés dans les pays voisins, en attente d’autorisation d’entrée à Gaza » — autorisation que les autorités israéliennes refuseraient depuis mars.

Même lorsqu’un convoi parvient à franchir la frontière, sa distribution sur le terrain devient un casse-tête. Les bombardements et combats nécessitent une coordination étroite avec l’armée israélienne pour garantir un passage sécurisé. Or, cette coordination est aujourd’hui, selon plusieurs ONG, quasiment impossible.

Arwa Damon accuse directement Israël d’entraver l’aide en refusant de fournir des itinéraires sûrs. « Obtenir cette coordination est incroyablement difficile », déplore-t-elle, évoquant « un manque de volonté manifeste de la part d’Israël ».

Le résultat est une impasse humanitaire dramatique, dans laquelle chaque partie se renvoie la responsabilité, tandis que, sur le terrain, la population civile risque la mort pour un sac de farine, ou meurt de faim.