Elles auraient mérité de l’emporter. Mais à ce niveau, les erreurs ne pardonnent pas. En dépit d’une première mi-temps réussie, le Maroc s’est fait rattraper et dépasser par le Nigéria en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2024, ce samedi 26 juillet au stade olympique de Rabat.

Regroupées près du rond central avant le coup d’envoi, les Lionnes de l’Atlas affichaient leur solidarité et détermination collective dans leur quête d’un trophée à côté duquel elles sont passées tout près il y a deux ans, toujours à Rabat. 

Comme si les 22 actrices se préparaient à un long bras de fer, la rencontre n’a pas démarré sur un rythme effréné. Le premier quart d’heure, disputé sur un faux tempo, a surtout mis en évidence l’avantage physique des Nigérianes.

Les Marocaines ont su compenser ce déficit par une discipline collective et un placement intelligent. Elles se sont même montrées menaçantes sur coups de pied arrêtés. Dans le jeu cependant, les choses étaient plus compliquées.

Le Nigéria a systématiquement cherché à perturber la première relance marocaine. À plusieurs reprises, on a vu Nouhaila Benzina et Yasmine Lamrabet allonger pour sauter la première ligne de pression.

Mais les duels aériens étant souvent à l’avantage des Super Falcons. Il fallait impérativement remettre le ballon au sol pour exploiter la qualité technique des Lionnes. C’est exactement ce qu’elles ont fait sur l’ouverture du score de Ghizlane Chebbak. 

Après une séquence de jeu combiné, les Marocaines avaient certes perdu le ballon mais en raison d’un mauvais renvoi de la défense, le ballon a atterri dans les pieds de Chebbak. Seule à l’entrée de la surface, la capitaine nationale a parfaitement placé son tir hors de portée de la gardienne nigériane (14’). 

Une façon de se racheter après deux prestations en dessous des standards auxquels elle nous avait habitués. De son côté, Sanaa Mssoudy a confirmé sa régularité. Remarquable depuis le début du tournoi, qu’elle joue quelques minutes ou tout un match, elle a toujours eu le bon état d’esprit. 

Son but est une juste récompense. Sur une déviation acrobatique de la tête d’Ibtissam Jraidi, Mssoudy a réussi un contrôle parfait avant d’enchaîner un dribble et une frappe croisée imparable (25’). À 2-0, le Maroc pouvait respirer. 

Mais les Lionnes ne se sont pas repliées pour autant. Elles ont poursuivi avec rigueur leur plan de jeu, celui-là même qui leur avait permis de marquer deux buts dans le jeu face à une équipe qui n’avait jusque-là concédé qu’une réalisation sur penalty en cinq matchs.

Les Lionnes de l’Atlas semblaient en mission, prêtes à se dire les choses sans détour pour rester concentrées. On les a vues à plusieurs reprises échanger sans ménagements. En face, le Nigéria vivait un véritable cauchemar.

Peu inspirées, les Super Falcons se contentaient de longs ballons imprécis, ce qui faisait les affaires des Marocaines. Juste avant la pause, celles-ci ont eu une opportunité en or de tuer le match, mais la frappe de Sakina Ouzraoui a malheureusement fui le cadre après un contre éclair.

À cet instant, on pouvait craindre que ce manque de réalisme ne coûte cher, mais il ne fallait pas que ce raté occulte une première mi-temps globalement maîtrisée, hormis une entame un peu timide. La capacité de Yasmine Lamrabet à contrôler le tempo de la rencontre a d’ailleurs été précieuse pour stabiliser l’équipe. 

Qui plus est en seconde période pendant laquelle le Nigéria a poussé pour revenir au score. Une entreprise réussie sur un tir au but logiquement accordé après visionnage de la VAR, puisque le ballon a touché la main décollée de Nouhaila Benzina (64’). Esther Okoronkwo ayant pris à contre pied Khadija Er-Rmichi. 

Un vent de panique s’est levé sur la défense marocaine après la réduction de l’écart. Mais qui a dit que remporter une CAN pouvait être un long fleuve tranquille? Il était entendu que l’embarcation de l’équipe nationale allait parfois tanguer. Le plus important était de ne pas chavirer et d’attendre l’occasion de prendre un avantage définitif. 

Sakina Ouzraoui a encore une fois eu cette opportunité au bout des crampons mais son tir après un double crochet n’a pas inquiété outre mesure (69’) Chiamaka Nnadozie. Mais à ce niveau de la compétition, le manque d’efficacité se paye cash. D’ailleurs moins de cinq minutes plus tard, le Nigéria réussi à égaliser grâce Folashade Florence Ijamilusi (71’).

Maroc- Nigeria: une fin de match cruelle

Fautive sur les deux buts nigérians, Nouhaila Benzina pouvait s’en vouloir. Même si c’est l’ensemble de l’arrière garde marocaine qui a eu des attitudes suspectes. Cela n’a toutefois pas réussi à démotiver les Lionnes de l’Atlas qui sont aussitôt reparties vers l’avant. Une attitude conquérante qui leur a permis d’obtenir un penalty à dix minutes du terme. 

Mais c’était sans compter sur la VAR qui a émis un doute sur la décision de l’arbitre centrale. Après visionnage, cette dernière a estimé que le bras de la Nigériane était collé au corps.  Un jugement contestable selon un angle de caméra qui n’a étrangement pas été proposé à l’arbitre. 

Une décision lourde de conséquences puisque quelques minutes plus tard, le Nigéria réussit à renverser le Maroc sur coup de pied arrêté grâce à une reprise de Jennifer Echegini (88’).