Ce samedi 26 juillet (21 h) est un jour de finale… et peut-être de fête nationale. Du moins, on l’espère. Il serait terriblement cruel pour le Maroc d’atteindre une deuxième finale consécutive de Coupe d’Afrique des nations sans réussir, cette fois, à écrire enfin une page en lettres d’or dans l’histoire du football féminin national et continental.

Remporter la CAN sur la pelouse du stade olympique de Rabat représenterait à la fois la récompense des efforts et des sacrifices consentis depuis plusieurs semaines par les Lionnes de l’Atlas et une manière de stopper l’hégémonie du Nigéria sur la discipline.

Titrée à neuf reprises en douze éditions, l’équipe des Super Falcons n’a jusqu’ici laissé que des miettes aux autres nations. Les joueuses du Nigéria ont l’habitude de ces matchs tendus, où chaque détail compte, comme des équilibristes avançant sur un fil.

« Nous connaissons l’enjeu et la ferveur du public marocain. Mais nos joueuses ont l’expérience des grandes finales et savent comment gérer ce type de match », affirme Justin Madugu, l’entraîneur nigérian. Les Lionnes de l’Atlas peuvent, elles aussi, se targuer d’avoir du vécu à ce stade de la compétition.

Maroc-Nigéria: ascendant psychologique pour les Lionnes de l’Atlas

D’abord, parce qu’elles font désormais partie du cercle très fermé des équipes ayant disputé deux finales consécutives de Coupe d’Afrique des nations, aux côtés du Nigéria et du Cameroun. Ensuite, parce qu’elles possèdent un ascendant psychologique sur leurs adversaires du jour.

Lors de la précédente édition, les Marocaines avaient éliminé les Super Falcons en demi-finale. Une victoire fondatrice, qui leur rappelle que cette équipe du Nigéria, aussi redoutable soit-elle, n’est pas imbattable. « Cette équipe ne nous est pas étrangère. Nous sommes au fait de leurs points forts et faibles », insiste Ghizlane Chebbak, à l’occasion du point presse d’avant-match.

« Nous devrons être à 100 % pour l’emporter et faire vibrer les supporters », a poursuivi la capitaine de l’équipe nationale. À ce titre, la récupération sera l’une des clés de cette réussite espérée.

Et pour cause, alors que le Maroc dut batailler jusqu’aux penalties afin de venir à bout du Ghana en demi-finale, le Nigéria s’est évité cette charge émotionnelle et physique supplémentaire en décrochant sa qualification dans les dernières secondes du temps réglementaire contre l’Afrique du Sud, tenante du titre (2-1).

Les Lionnes de l’Atlas risquent d’avoir les jambes lourdes en première mi-temps, malgré les efforts du staff. « Nous avons axé notre préparation sur la récupération avec les préparateurs physiques et les nutritionnistes », assure le sélectionneur national Jorge Vilda.

Même s’il a tenté de noyer le poisson en assurant que Fatima Tagnaout avait une chance d’être apte pour ce rendez-vous crucial, il paraît peu probable que l’attaquante réussisse à se remettre de sa blessure au genou dans un laps de temps aussi court.

Le Nigéria est fébrile sur les ailes, le Maroc doit en profiter

C’est cependant une arme en moins pour le Maroc contre une équipe du Nigéria qui a fait de la défense son point fort avec seulement un but encaissé depuis le début de la compétition, mais qui est prenable sur les côtés.

Les duels aériens seront déterminants sur le plan offensif. La domination de Michelle Chinwendu Alozie en haute altitude sera un défi constant pour l’arrière-garde des Lionnes de l’Atlas, d’autant que les coups de pied arrêtés ont été à l’origine de la majorité des onze buts inscrits par les Super Falcons.

Mais c’est bien leur difficulté à couvrir la position haute de leurs latérales en cas de perte de balle qui représente leur principal point faible. Cela s’explique dans un premier temps par la position des arrières latérales nigérianes sur le terrain.

Les attaquantes latérales nigérianes se placent dans le camp adverse, laissant des espaces sur les côtés.
Les latérales nigérianes se placent haut dans le camp adverse, ce qui ouvre des brèches sur les côtés en cas de perte du ballon.

Ashleigh Megan et Tim Harry Plumptre se positionnent au-delà de la ligne médiane pour offrir des solutions en phase de possession. Mais une fois le ballon perdu, elles se retrouvent souvent dans des situations délicates. Comme la vitesse n’est pas leur point fort, elles ont souvent quelques mètres de retard sur les contre-attaques.

Sur cette action, Tim Harry Plumptre se retrouve à plusieurs mètres de l’attaquante sud-africaine, qui a failli donner l’avantage à son équipe sans un sauvetage défensif sur la ligne.

Sakina Ouzraoui et Sanaa Mssoudy auront un rôle très important à jouer afin d’exploiter ces failles. Il faut bien évidemment qu’elles soient en forme pour répéter les courses et appels à haute intensité, mais elles doivent également être servies dans le tempo adéquat et avec justesse.

Ce que n’a pas su faire Ghizlane Chebbak en demi-finale. Elle est apparue particulièrement émoussée, sans jus, et n’a pas su assurer la continuité des actions initiées par ses équipières sur des séquences de jeu où elles avaient récupéré le ballon puis trouvé leur capitaine entre la défense et le milieu de terrain du Ghana.

Si ce constat était aussi manifeste, c’est que ça ne lui a certainement pas échappé. Maintenant, si elle a la bonne idée de retrouver un niveau de performance plus adéquat à ses qualités, personne n’en voudra à Ghizlane Chebbak d’avoir raté sa demie, pour peu qu’elle soit décisive en finale.

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