Les relations franco-algériennes connaissent un nouvel épisode dans un climat de tensions diplomatiques persistantes. Le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a exprimé sa volonté de restreindre les déplacements des diplomates algériens en France, en écho aux limitations déjà imposées aux diplomates français à Alger.

« Moi, j’ai, comme ministre de l’Intérieur, une obsession, c’est la sécurité des Français. Or, l’Algérie contrevient à la règle de droit international qu’est la réciprocité. Je ne veux pas d’un second Mulhouse en France », a-t-il déclaré ce vendredi 25 juillet lors d’un déplacement en Vendée, rapporte Europe 1, confirmant ainsi son intention de maintenir ses propos et sa position sur le dossier algérien.

En Algérie, les règles encadrant les déplacements des diplomates français sont en effet strictes : tout déplacement hors d’Alger doit être signalé, et l’ambassadeur est accompagné en permanence par une escorte policière, officiellement pour des raisons de sécurité.

La diplomatie française écartée du processus

Mais la situation s’est tendue davantage, peut-on constater à la lecture de la réponse algérienne, après qu’une mesure prise par les autorités françaises a limité l’accès des agents diplomatiques algériens aux zones réservées des aéroports parisiens pour la récupération des valises diplomatiques.

Dans un communiqué publié le 24 juillet, le ministère algérien des Affaires étrangères s’est dit « étonné » par cette décision, dénonçant une mesure prise « dans l’opacité totale » par le ministère français de l’Intérieur, « à l’insu » du ministère français des Affaires étrangères, et sans notification officielle, comme l’exige l’usage diplomatique.

Selon la presse française, le Quai d’Orsay a fait savoir que le ministre de l’Intérieur avait agi de manière unilatérale, en dehors de toute concertation au sein du gouvernement français.