Lors d’un échange avec Médias24, celui que l’on surnomme “M. Robot de Béjaâd” — qui porte en permanence un masque et tient à conserver l’anonymat — revient sur son expérience innovante, ses ambitions et les défis qu’il rencontre.
Passionné de robotique et d’intelligence artificielle, génie informatique fort de 20 ans d’expérience et fondateur de la chaîne YouTube Lulied — un média 100 % marocain dédié à la vulgarisation de l’intelligence artificielle—, il a lancé une démarche pédagogique visant à rapprocher l’innovation robotique des citoyens. Son initiative leur permet de découvrir de manière concrète et accessible, les avancées technologiques liées à l’intelligence artificielles et à la robotique.
Vulgarisation de la robotique
L’initiative est portée par Aya Robotics, un acteur innovant de la robotique et distributeur officiel des robots Unitree au Maroc, qui assure le financement du projet tout en apportant un soutien logistique et matériel.
Partant de sa ville natale, Béjaâd, comme point de départ, et avec la ferme conviction que les événements technologiques ne doivent pas être réservés aux grandes métropoles, il cherche à démontrer que l’innovation et les grands projets à rayonnement national et international peuvent voir le jour, même dans les villages et les petites villes.
Cette tournée à travers le Maroc a un double objectif : démocratiser l’accès à la robotique et inspirer la jeunesse marocaine.
Elle visera à rencontrer des écoles, universités, espaces culturels et technologiques pour susciter des vocations, briser les barrières géographiques et diffuser une culture de l’innovation.
En réaction à cette initiative, les jeunes marocains se montrent « fascinés,enthousiasmés et curieux », affirme notre interlocuteur. Ils voient le robot non pas comme une menace, mais comme une opportunité d’apprentissage et d’avenir. Beaucoup de personnes posent des questions techniques et veulent un contact à travers le toucher.
Le robot humanoïde de nouvelle génération G1
Le robot introduit au Maroc est le G1 de la société chinoise Unitree Robotics, un robot humanoïde de nouvelle génération. C’est le premier de son genre à avoir été introduit au Maroc et en Afrique, nous dit-on. Il est capable de marcher, interagir avec son environnement, exécuter des mouvements précis et même s’adapter à certaines instructions vocales.
Il s’agit d’un robot multitâche qui peut être utilisé dans des domaines variés : l’éducation, la démonstration technologique, l’accueil dans des salons, l’interaction avec le public et, à terme, l’assistance dans certaines tâches répétitives. Il constitue également un outil pédagogique exceptionnel pour initier les jeunes aux STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques).
Collaboration et investissement
« M. Robot de Béjaâd » explique que sa collaboration avec la société Unitree Robotics était motivée par leur position de leader mondial en robotique quadrupède et humanoïde.
« Nous avons entamé une collaboration directe avec eux pour importer, tester et valoriser cette technologie en exclusivité dans un contexte marocain, en l’adaptant aux besoins locaux », précise-t-il. On peut en déduire que la tournée revêt également un caractère promotionnel.
Le jeune Béjaâdi a choisi de créer sa propre entreprise afin de pouvoir, selon lui, concrétiser sa vision de l’innovation technologique, tout en gardant une liberté totale sur la direction du projet.
« Je veux bâtir une structure agile, centrée sur l’expérimentation, la création de contenu intelligent, et la démocratisation de la robotique au Maroc », souligne-t-il, notant que son projet est autofinancé et exprimant son enthousiasme à l’égard de tout partenariat potentiel avec les secteurs public ou privé afin d’étendre ses activités.
La société vise, à court terme, à sensibiliser le grand public à travers des démonstrations, des formations et des contenus immersifs, tandis qu’elle aspire, à long terme, à créer une plateforme marocaine de recherche, de développement et de fabrication de solutions robotiques adaptées au contexte africain et arabe.
Notre interlocuteur voit plusieurs possibilités de collaboration, que ce soit dans l’éducation, la recherche, l’industrie ou même l’art, révélant sa volonté de travailler avec des ministères, écoles d’ingénieurs, universités, startups et groupes industriels pour construire ensemble une dynamique nationale autour de la robotique.
Quant au potentiel de la robotique au Maroc, il affirme que le Royaume dispose de talents en ingénierie, d’un dynamisme entrepreneurial et d’une volonté d’intégration technologique, notant que ce qui manque est surtout un écosystème structuré, des incitations et une vision nationale à long terme.
Le manque d’accompagnement institutionnel et de financements adaptés aux projets technologiques constitue, selon notre source, un vrai défi.
« Il y a aussi le scepticisme de certaines personnes qui ne croient pas encore que le Maroc puisse jouer un rôle dans cette révolution technologique », ajoute-t-il.