Au premier trimestre 2025, la Bourse de Casablanca a connu un regain d’activité spectaculaire, porté par une envolée des indices et une multiplication des transactions.

Le MASI a bondi de plus de 20% au T1-2025, les volumes ont triplé en un an et le nombre d’ordres a atteint un niveau inédit. Mais au-delà des performances, ce sont surtout les profils des investisseurs qui attirent l’attention.

Car si les institutionnels, en particulier les OPCVM, conservent leur rôle moteur, les investisseurs individuels marocains signent un retour en force, en triplant pratiquement leurs opérations par rapport à début 2024. Dans le même temps, les entreprises marocaines ont massivement vendu, les investisseurs étrangers ont renforcé leur présence, et les canaux bancaires continuent de progresser.

Dans un marché en pleine effervescence, cette cartographie renouvelée des intervenants offre une lecture précieuse de la dynamique actuelle. Qui achète ? Qui vend ? Voici l’état des lieux détaillé au terme du premier trimestre.

Les institutionnels en moteur du marché

Comme à l’accoutumée, les investisseurs institutionnels ont constitué l’ossature des échanges sur le marché central au T1-2025. Ensemble, les OPCVM et les personnes morales marocaines (PMM) ont concentré près de 67% des transactions, ce qui confirme leur rôle central dans l’animation de la place casablancaise.

Avec 14,7 MMDH d’achats, les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) ont représenté près de la moitié de la demande (46,6%) sur le marché central. Le mouvement est d’autant plus remarquable qu’il s’accompagne d’une hausse de 219% sur un an.

Dans le détail, les OPCVM ont affiché une position nette acheteuse, avec des ventes limitées à 8,8 MMDH. Ce positionnement confirme leur stratégie de renforcement, en lien avec la bonne tenue des indices et la revalorisation des portefeuilles.

Les personnes morales marocaines ont pour leur part joué un rôle net vendeur, avec 11,6 MMDH de cessions, contre 7 milliards d’achats. Elles représentent 22,1% des achats et 36,8% des ventes sur la période.

Ce comportement peut s’interpréter comme une volonté de prise de bénéfices après la forte appréciation des cours, ou comme une simple réallocation des portefeuilles. Il est à noter que leurs ventes ont été multipliées par 3,6 en un an, ce qui constitue l’une des hausses les plus marquées toutes catégories confondues.

Le retour en force des investisseurs individuels marocains

Le premier trimestre 2025 marque un tournant dans le comportement des investisseurs particuliers. Longtemps restés en retrait, les personnes physiques marocaines (PPM) ont signé un retour massif sur le marché, aussi bien à l’achat qu’à la vente. En effet, leurs opérations ont été multipliées par près de trois par rapport à la même période l’an dernier.

Les particuliers marocains ont acheté pour 7,76 MMDH, contre 2,74 MMDH un an plus tôt, soit une progression de 183%. Du côté des ventes, ils ont cédé pour 7,95 MMDH, également en hausse de 188% sur un an. Cette montée en puissance s’est traduite par une présence équilibrée dans le carnet d’ordres, avec une part de 24,6% des achats et 25,2% des ventes sur le marché central.

Il s’agit de leur niveau de participation le plus élevé depuis plusieurs trimestres, témoignant d’un regain d’intérêt pour la bourse dans un contexte de hausse des indices et de valorisation accrue des portefeuilles.

L’activité des particuliers a progressé de manière régulière entre janvier et mars, selon les données mensuelles du rapport. Cette constance suggère une implication plus structurelle d’un segment souvent considéré comme volatil ou opportuniste.

Ce retour des particuliers pourrait s’inscrire dans la durée, à condition que les conditions de marché restent favorables et que les efforts d’éducation financière se poursuivent. Leur participation constitue en effet un levier important pour accroître la profondeur et la liquidité du marché, et potentiellement soutenir des opérations futures de levée de fonds ou d’introduction en bourse.

Les investisseurs étrangers : discrets mais actifs

Si leur poids reste modeste dans la structure globale des échanges, les investisseurs étrangers ont tout de même renforcé leur présence au premier trimestre 2025.

Ensemble, les personnes morales et physiques étrangères représentent moins de 6% des volumes, mais leurs transactions connaissent une croissance significative par rapport à l’an dernier.

Les personnes morales étrangères (PME) ont réalisé 957 MMDH d’achats (+87 % sur un an) et 1,68 milliard de ventes (+69 %). Elles se sont donc positionnées nettes vendeuses, avec une part de 3% des achats et 5,3% des ventes.

Même si leur poids reste limité, la hausse de leurs volumes traduit une implication croissante et un intérêt soutenu pour le marché marocain.

Les personnes physiques étrangères (PPE) pèsent très peu dans les échanges, avec 106 MDH d’achats et 135 millions de ventes. Mais leur dynamique est frappante : +352% sur les achats et +325% sur les ventes en un an.

Leur présence reste donc symbolique en valeur, mais elle témoigne d’un regain d’attractivité de la place marocaine auprès de petits investisseurs internationaux.