À fin 2024, le total du bilan de Bank Al-Maghrib a atteint 554,1 MMDH, en progression de 5%. L’actif a été dynamisé par l’augmentation des concours aux banques (+21%), des avoirs et placements en or (+29%) et en devises (+2%).
Or, cette évolution a été atténuée par la forte baisse des créances sur l’État (-64%), liée aux remboursements de la ligne de précaution et de liquidité (LPL).
Au passif, la progression reflète l’accroissement des billets et monnaies en circulation (+8%) et des dépôts en dirhams (+18%), alors que les engagements en dirhams convertibles ont reculé de 63%.
Les capitaux propres de la Banque centrale se sont également renforcés, atteignant 6,52 MMDH contre 5,12 MMDH un an plus tôt, en raison de l’affectation d’un milliard de dirhams aux fonds de réserves spéciaux.
Des produits en nette progression
Les produits d’activité de la Banque se sont établis à 16,37 MMDH en 2024 contre 13,86 MMDH en 2023. Cette évolution s’explique d’abord par les intérêts perçus sur les avoirs et placements en or et devises, qui ont atteint 7,96 MMDH, en hausse de 30% grâce au rendement des titres d’investissement.
Elle découle également de l’augmentation des intérêts sur créances auprès des établissements de crédit marocains, qui ont progressé de 32% pour s’établir à 3,95 MMDH. Enfin, les autres produits financiers ont légèrement augmenté à 1,21 MMDH.
En revanche, les commissions perçues ont reculé à 1,09 MMDH contre 1,13 MMDH en 2023, et les reprises de provisions ont diminué à 1,41 MMDH au lieu de 1,89 MMDH une année auparavant.
Des charges en forte hausse
Les charges totales ont atteint 9,91 MMDH en 2024, contre 8,76 MMDH en 2023. Les autres charges financières se sont accrues de 33% pour atteindre 1,02 MMDH, en raison notamment des moins-values de cession sur titres de placement qui se sont établies à 547,8 MDH contre 146,8 MDH un an plus tôt. Les charges de personnel se sont établies à 930 MDH, en hausse de 9%.
Les achats de matières et fournitures ont augmenté de 47% pour atteindre 505 MDH, tandis que les dotations aux amortissements et provisions se sont renforcées à 715 MDH contre 562 MDH en 2023.
Les charges non courantes ont reculé à 696 MDH en 2024 contre un milliard une année auparavant. Ce poste reste négatif, mais son impact s’allège, le résultat non récurrent passant de -997 MDH en 2023 à -447 MDH en 2024.
Cette amélioration tient à l’absence du don exceptionnel d’un milliard de dirhams versé l’année précédente au fonds spécial pour le séisme d’Al Haouz, remplacé en 2024 par une contribution sociale de solidarité de 486 MDH.
Un résultat net solide malgré la pression fiscale
Le résultat net s’est établi à 6,46 MMDH, en progression de 27% par rapport à 2023 où il avait atteint 5,11 MMDH. Le résultat des opérations de gestion des réserves de change a progressé de 17% pour atteindre 8,74 MMDH, soutenu par les revenus obligataires.
Celui des opérations de politique monétaire s’est établi à 3,95 MMDH, en hausse de 27%, grâce à une intensification des interventions de la Banque sur le marché monétaire dans un contexte de déficit accru de liquidité, et ce, malgré deux baisses successives du taux directeur à 2,5%. En revanche, le résultat des autres opérations a légèrement reculé à 1,27 MMDH, soit une baisse de 1%.
L’impôt sur le résultat a augmenté de 23% pour atteindre 4,51 MMDH, conséquence du relèvement progressif du taux d’imposition applicable à la Banque, fixé à 38,5% en 2024.