Dans un coin des gradins clairsemés du Nyayo National Stadium à Nairobi, les quelques supporters marocains étaient aux anges au coup de sifflet final. Ils ont gaiement fêté la victoire du Maroc contre l’Angola (2-0), ce dimanche 3 août dans le cadre de la première journée du groupe A du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) 2024.
📝 تشكيلة منتخبنا الوطني أمام أنغولا
𝐒𝐭𝐚𝐫𝐭𝐢𝐧𝐠 𝐗𝐈 for the match against Angola #DimaMaghrib 🇲🇦 pic.twitter.com/gGGg9Z5ok1
— Équipe du Maroc (@EnMaroc) August 3, 2025
Alors que le Kenya, l’un des trois pays organisateurs de cette édition, avait remporté son match quelques heures plus tôt (1-0) contre le Congo, les Lions de l’Atlas devaient absolument gagner pour prendre une option sur la qualification pour le second tour.
Imad Riahi (RSB) a été le premier buteur du match avant que Balanga ne trompe son propre gardien sous la pression de Louadni sur corner. Dans cette rencontre disputée, la machine marocaine a pris du temps avant de se mettre en marche.

Structurés défensivement en 4-4-2, les hommes de Tarik Sektioui ont d’abord rencontré des difficultés au pressing car les deux attaquants de pointe étaient en infériorité numérique face aux trois défenseurs centraux.
Ensuite, ils ont eu du mal à gérer la largeur en raison de la position haute des pistons angolais.
Le technicien portugais Pedro Gonçalves avait délibérément mis en place un système en 3-4-3 à cet effet.
L’Angola avait toujours un homme libre dans le cœur du jeu. Ce qui a eu tendance à agacer Tarik Sektioui sur le bord du terrain. Et a permis à l’Angola d’être la plus dangereuse lors du premier quart d’heure avec deux tirs qui n’ont pas inquiété Mehdi Lahrar.
Mais cela a planté le décor d’un rapport de force à l’avantage de l’Angola. Le dépit qui se lisait sur le visage du sélectionneur national Tarik Sektioui était justement dû au manque d’intelligence situationnelle de ses joueurs en début de match.
Même quand ils étaient en phase de possession, les Lions de l’Atlas ont à plusieurs reprises confondu vitesse et précipitation. Puis, au fil des minutes, ils ont commencé à prendre le pli d’un match qui ne devait leur échapper sous aucun prétexte au vu de leur talent supérieur à celui de leurs adversaires.
Mais aussi car une victoire lors du premier match d’une phase de groupe permet de lancer sur de bons rails ce CHAN. Les centraux marocains commençaient à trouver les lignes de passe vers leur milieu de terrain, ce qui a permis de casser la première ligne de pression angolaise et de donner de la continuité au jeu (17’).
Comme sur ce décalage parfait de Bach pour El Mahraoui, mais dont le centre était un poil trop long. Offensivement, ils avaient réussi à trouver des solutions, dont cette volée quelque peu déviée de Aït Ouarkhane (21’) et ce tir enroulé de Riahi qui prenait la direction du cadre. C’était sans compter sur la superbe intervention de Neblu (26’).
Moins de deux minutes plus tard, ce même Riahi a conclu une belle partition collective, en exploitant une passe en profondeur de Mohamed Rabie Hrimate pour ouvrir le score en glissant le ballon entre les pieds du portier angolais.
Le milieu de terrain de l’Association sportive des Forces Armées Royales (AS FAR) a régné dans l’entrejeu et a fait montre de toute sa panoplie : passes longues précises, solutions offertes au porteur du ballon et surtout une science tactique qui lui permet de contrôler le tempo, boucher les trous et équilibrer le bloc marocain.
Sans oublier les quelques fautes tactiques qu’il a commises pour tuer les occasions adverses dans l’œuf. Derrière lui, Marouane Louadni (ASFAR) a aussi été impérial dans ses interventions, si l’on excepte sa première du match où il a rendu le ballon beaucoup trop facilement aux Angolais alors qu’il voulait relancer de la tête.
Plus bas sur le terrain en seconde mi-tem ps, les Marocains ont neutralisé les velléités offensives adverses, attendant patiemment de récupérer le ballon avant de lancer en profondeur leurs attaquants. Pris au piège du hors-jeu à quelques reprises, les Lions de l’Atlas n’ont pas baissé les bras pour autant.
Confiants dans leur plan de jeu, ils ont finalement réussi à prendre à défaut l’alignement de la défense angolaise à plusieurs reprises, à l’image de l’occasion ratée par Soufiane El Kaabi.
Ce n’était que partie remise, car sur le corner qui a suivi, Louadni a doublé la mise pour sceller le premier succès de ses coéquipiers dans la compétition (81’). Mais après révision des commissaires de la CAF, le but a été attribué à Balanga contre son camp.
La stratégie victorieuse du Maroc est économique sur le plan athlétique, tenant compte des conditions difficiles avec un terrain niché à plus de 1.700 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais aussi du format d’une compétition qui devrait consommer énormément d’énergie sur la durée.
Mais d’un autre côté, laisser autant le ballon aux joueurs d’en face n’est jamais bon. Des phases de possession sont nécessaires pour calmer les ardeurs de l’opposant.
C’est ce qu’ont réussi à faire les Marocains par séquences, mais pas assez pour éviter de devoir gérer des situations dangereuses qui tiennent plus du coup du sort que d’occasions créées grâce à des mouvements collectifs rondement menés.