Le secteur bancaire marocain connaît rarement des bouleversements dans la composition de son capital. Pourtant, un mouvement significatif a eu lieu en 2025, à la faveur de la transformation de la SGMB en Saham Bank.
Au mois de mai, Saham Finance a renforcé sa position en rachetant 12,35% du capital de la banque au groupe Deveco Souss, contrôlé par la famille Ounejjar-Mzali. Ce dernier voit ainsi sa participation ramenée de 27,54% à 15,19%, tandis que celle de Saham Finance grimpe de 57,65% à 70%. Le changement d’identité de la banque a été officialisé le 18 juin 2025.
Dans ce contexte, voici une mise à jour de l’actionnariat des principales banques marocaines. Cette actualisation intervient à un moment où la capitalisation boursière du secteur bancaire s’élève à 333,1 MMDH, consolidant son poids de pilier à la Bourse de Casablanca.
Des perspectives boursières bien orientées
Cette recomposition capitalistique intervient alors même que les perspectives du secteur bancaire coté sont particulièrement favorables. Selon AGR, le secteur présente un potentiel d’appréciation de 18%, avec une valorisation cible portée à 379 MMDH, contre 320 MMDH auparavant.
« Nous recommandons de surpondérer la poche Banques dans les portefeuilles », précisent les analystes. D’autres experts de la place partagent ce diagnostic, estimant que « le secteur bancaire dispose encore d’un fort potentiel de croissance » et que l’achat de titres bancaires représente une opportunité en bourse.
Deux éléments majeurs expliquent cette orientation :
– Une amélioration des prévisions bénéficiaires sur la période 2024-2027 : le RNPG devrait progresser en moyenne de 8,4% par an, ramenant le P/E 2027E à 13x, soit 24% en dessous de la moyenne historique (17x).
– Un signal historique de rentabilité : en 2024, le ROE moyen dépasse pour la première fois depuis 2014 le seuil des 12%, atteignant 12,9%, ce qui, selon AGR, précède souvent des phases de revalorisation boursière.
Des fondamentaux solides pour soutenir le rebond
Les données opérationnelles de 2024 renforcent cette dynamique. Le produit net bancaire agrégé a progressé de 12,8%, atteignant 91,4 MMDH, grâce à la bonne tenue de toutes les lignes métiers. Le résultat net part du groupe a bondi de 27%, à 19,3 MMDH, grâce à la digitalisation et à une gestion maîtrisée du risque.
Côté ressources, les banques ont enregistré leur plus forte collecte de dépôts depuis 2009, avec une hausse de 9,6%, portée notamment par l’amnistie fiscale. Les ressources à vue dépassent désormais 70% des dépôts. Le crédit à l’équipement, quant à lui, a atteint 21% du total des crédits, son plus haut niveau depuis quinze ans.
Enfin, les réalisations 2024 sont pleinement alignées avec les prévisions : les taux de réalisation du PNB, du résultat brut d’exploitation et du RNPG atteignent respectivement 101%, 101% et 100%, assurant une visibilité accrue pour les trimestres à venir.
