Le processus de mise en place du futur centre de traitement des déchets ménagers de Casablanca s’accélère. Confirmant les propos de la maire Nabila Rmili sur l’imminence du projet, de nouveaux éléments obtenus par Médias24 révèlent toutefois l’ampleur et la nature de cette infrastructure stratégique. Il ne s’agira pas d’un simple centre de valorisation, mais bien d’un complexe d’incinération à la pointe de la technologie.

Un montage financier de 11 milliards de DH

Si une contribution publique initiale de 3,2 milliards de DH a été validée, « l’investissement total atteindra en réalité 11 milliards de DH« , assure Moulay Ahmed Afilal dans un échange avec Médias24.

Cet investissement massif sera mobilisé par le délégataire, un consortium maroco-japonais composé de Nareva, Hitachi et Yutofo. « Ce groupement qui a remporté l’appel d’offres amènera le projet à son budget actuel », précise M. Afilal. Le contrat, d’une durée de 30 ans, inclut également un budget de 2 milliards de DH dédié aux frais d’entretien futurs.

La contribution publique, quant à elle, couvre principalement le foncier et les infrastructures initiales. Elle se répartit comme suit :

– Ministère de l’Intérieur : 2 milliards de DH.

– Région de Casablanca-Settat : 272 millions de DH.

– Commune de Casablanca : 894 millions de DH.

Le terrain, une parcelle de 264 hectares à Médiouna appartenant à des terres soulaliyates, est valorisé à 400 millions de DH.

« Concernant l’état l’avancement, nous sommes dans les toutes dernières étapes. Nous attendons le règlement définitif concernant le terrain et ensuite la société pourra commencer les travaux », assure le vice-président.

L’objectif principal du projet est de mettre fin à l’enfouissement massif et de transformer les déchets en ressource. « Le centre permettra de produire de l’énergie à partir de l’incinération des déchets, une énergie qui sera ensuite réinjectée dans le réseau de Casablanca. C’est une première en Afrique », explique M. Afilal.

Le complexe comprendra également une unité de traitement du lixiviat et un volet de valorisation des matières recyclables comme le plastique, le bois et le papier.

La dimension sociale du projet

Le projet intègre une dimension sociale, notamment concernant le sort des milliers de « chiffonniers » qui vivent de la récupération des déchets. « Il est absolument crucial d’intégrer les travailleurs informels. C’est un point essentiel sur lequel nous avons insisté ; on ne peut pas simplement écarter ces personnes », insiste Moulay Ahmed Afilal. « Nous allons les recenser en collaboration avec les autorités avant de passer à l’action ».

« Nous devons passer à la vitesse supérieure car la décharge existante arrive à saturation. Nous avons bien un autre casier, mais sa durée de vie est limitée. Nous sommes donc obligés de commencer les travaux très prochainement », conclut-il.

Le démarrage de ce projet d’envergure est imminent et constitue une étape majeure dans la refonte de la politique de gestion des déchets, un défi structurel qui a longtemps représenté un casse-tête pour les responsables de la métropole.