Le 1er juillet 2025, les télescopes du système Atlas, installés au Chili, ont détecté un objet céleste au comportement inhabituel. Très vite, la communauté astronomique a confirmé qu’il ne provenait pas de notre Système solaire, mais d’un autre système stellaire : il a été nommé 3I/ATLAS, devenant ainsi le troisième objet interstellaire jamais observé après ‘Oumuamua (2017) et Borisov (2019).
Le corps céleste, une comète très active, poursuit une trajectoire rapide qui ne l’amènera pas à revenir. Il passera au plus près du Soleil à la fin octobre 2025, à environ 2 unités astronomiques (soit 300 millions de kilomètres), légèrement à l’intérieur de l’orbite de Mars, indique la NASA dans sa revue.
Un voyageur galactique vieux de 7 milliards d’années
Selon des analyses présentées par l’astronome Matthew Hopkins lors de la Réunion nationale d’astronomie 2025 de la Royal Astronomical Society, et relayées par Cadena SER, 3I/ATLAS serait bien plus vieux que notre propre Système solaire, avec un âge estimé à plus de 7 milliards d’années. Il pourrait s’agir de la comète la plus ancienne jamais observée. D’après le professeur Chris Lintott, il y aurait deux chances sur trois pour qu’elle soit effectivement antérieure à la formation de notre système.
Une comète active et rapide
Initialement estimée à 20 kilomètres de diamètre, la taille de 3I/ATLAS a été revue à la baisse : les observations menées par Colin Orion Chandler de Université de Washington, relayées par la revue scientifique EarthSky, évoquent désormais un diamètre de 10 kilomètres, voire entre 7 et 11 kilomètres. Cela reste plus grand que ‘Oumuamua (200 mètres) ou Borisov (moins de 1 km).
Le noyau de la comète, composé de glace ancienne, commence à se sublimer à l’approche du Soleil, libérant des gaz et des poussières qui forment un coma brillant et une longue queue. La comète voyage à environ 60 km/s (soit 215.000 km/h) par rapport au Soleil, une vitesse suffisante pour échapper à l’attraction gravitationnelle solaire, ce qui confirme son origine interstellaire, ajoute la même source.
Une opportunité rare pour les astronomes
Dès son identification, l’ESA (Agence spatiale européenne) a intégré 3I/ATLAS dans son programme de suivi des objets célestes. Bien que ne présentant aucun danger pour la Terre – elle ne s’approchera pas à moins de 240 millions de kilomètres –, la comète est surveillée activement par les télescopes de l’agence en Hawaï, au Chili et en Australie.
Des cartes stellaires publiées par Eddie Irizarry sur EarthSky indiquent que la comète sera observable dans le ciel du soir jusqu’à début septembre, puis invisible pendant sa conjonction solaire. Elle deviendra ensuite visible à l’aube en novembre et décembre. Actuellement, sa magnitude est estimée à 16,7, ce qui la rend observable uniquement par des télescopes puissants ou via des longues poses photographiques.