Les vaccins contre le COVID-19 « contribuent non seulement à prévenir les formes graves de la maladie, mais semblent aussi réduire le risque d’événements cardiovasculaires majeurs ». C’est la conclusion d’une étude de cohorte publiée le 31 juillet 2024 dans la revue scientifique Nature Communications.
L’analyse s’appuie sur les dossiers médicaux électroniques de 45,7 millions d’adultes vivant en Angleterre, couvrant la période de décembre 2020 à janvier 2022, soit pendant les deux premières années de la campagne vaccinale au Royaume-Uni. Les chercheurs ont évalué les effets des premières, deuxièmes et troisièmes doses des vaccins administrés durant cette période, incluant AstraZeneca (ChAdOx1), Pfizer-BioNTech (BNT-162b2) et Moderna (mRNA-1273).
Leur objectif est d’analyser l’incidence des événements cardiovasculaires et thromboemboliques, comme les infarctus, AVC, embolies pulmonaires, thromboses veineuses ou myocardites, dans les semaines suivant chaque injection, en comparant avec les périodes précédant la vaccination.
Risques rares, mais bénéfice cardiovasculaire confirmé
Le risque d’événements cardiovasculaires courants est généralement plus faible après chaque dose de vaccin, quel que soit le produit utilisé. Ce constat, toujours selon Nature, s’applique notamment aux infarctus du myocarde, aux AVC ischémiques, à la thrombose veineuse profonde ou à l’embolie pulmonaire.
Les chercheurs estiment que cette baisse peut s’expliquer en partie par la prévention du COVID-19 sévère, qui lui-même augmente le risque de complications cardiovasculaires. Cependant, l’étude confirme aussi la survenue d’effets indésirables rares, déjà connus des autorités sanitaires.
La première dose du vaccin AstraZeneca est associée à une hausse du risque de thrombose veineuse cérébrale (ICVT) et de thrombocytopénie (chute anormale des plaquettes sanguines). Quant aux vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna), ils présentent une légère augmentation du risque de myocardite et de péricardite, en particulier chez les jeunes hommes dans les jours suivant la vaccination.
Malgré ces exceptions, les chercheurs concluent que le bénéfice cardiovasculaire global l’emporte nettement sur les risques, et ce, même après les doses de rappel. Aucun nouvel effet secondaire n’a été identifié lors de cette étude. Les analyses ont également été stratifiées selon l’âge, le sexe, les antécédents médicaux, l’origine ethnique et l’exposition antérieure au COVID-19, sans révéler de différences majeures entre les groupes.
Les données utilisées proviennent de sources officielles et sécurisées du National Health Service (NHS) England, incluant les consultations en médecine générale, les hospitalisations, les certificats de décès, les résultats de tests COVID-19 et les dossiers de vaccination.