Avec ce Maroc-Kenya et après sa victoire inaugurale face à l’Angola (2-0), l’équipe nationale a l’occasion de se rapprocher un peu plus d’une qualification au second tour du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) 2024. Mais pour ce faire, les Lions de l’Atlas devront disposer de l’un des trois pays organisateurs, le Kenya, ce dimanche 10 août.
Avant ce duel au sommet, le Kenya est en tête du groupe A avec 4 points mais avec un match de plus que son dauphin, le Maroc (3 points). Et pour cause, cette poule est composée de 5 équipes. Donc à chaque journée, l’une des cinq nations se retrouve devant sa télé à regarder les quatre autres s’affronter.

En milieu de semaine, ce sont les Marocains qui étaient dans cette position. Ils n’ont certainement raté aucune miette du match nul concédé par le Kenya contre l’Angola (1-1). Les hommes de Tarik Sektioui ont également eu le temps de parfaire leurs automatismes et de poursuivre leur évolution collective.
Mais cette situation peut aussi être à double tranchant. « Certes, nous avons pu avoir une semaine pour travailler et nous refaire une santé. Mais si le staff du Kenya réussit son programme de récupération, alors leurs joueurs seront plus compétitifs et dans le rythme », prévient le sélectionneur national, Tarik Sektioui, lors de la traditionnelle conférence d’avant-match.
Malgré la difficulté d’enchaîner trois rencontres en 8 jours, « nous espérons être à la hauteur de ce match contre le Maroc », affirme le sélectionneur du Kenya, Benny McCarthy. Le coach sud-africain, qui a côtoyé Tarik Sektioui au FC Porto, ne s’apitoie pas sur son sort pour autant.
Le Maroc plus reposé, le Kenya très motivé à domicile
« Ce sont des conditions difficiles pour nous, mais notre résilience doit nous permettre de faire bonne figure. Il me tarde de relever ce challenge », assure-t-il. Cela dit, le Maroc sera sans doute avantagé sur le plan athlétique, car les Kényans ont joué en infériorité numérique pendant plus de 70 minutes lors de leurs précédentes rencontres.
D’autant que l’équipe nationale ne s’accommode pas trop mal de l’altitude. La capitale du Kenya, Nairobi, étant nichée à plus de 1.750 m d’altitude au-dessus du niveau de la mer. « Grâce à des exercices de respiration proposés par notre préparateur physique, nos joueurs commencent à apprivoiser la difficulté de fournir des efforts en altitude », souligne le technicien marocain.
Le jeu aérien, point faible du Kenya
Et d’ajouter : « D’ailleurs, nous remercions la Fédération royale marocaine de football (FRMF) de nous avoir permis d’arriver sur les lieux une semaine avant le début de la compétition ».
Outre ces considérations atmosphériques et athlétiques, la faculté des Lions de l’Atlas à exploiter la faiblesse de leurs adversaires dans les airs sera décisive. En effet, le Kenya, qui dispute d’ailleurs son premier CHAN, est quasi systématiquement en danger dans le domaine aérien.

Les Harambee Stars perdent plus d’un duel aérien sur deux, avec seulement 45,5 % réussis. Leur attitude collective sur les coups de pied arrêtés est étonnamment nonchalante et leur marquage laisse vraiment à désirer. En plus, techniquement, ils ne sont pas d’une précision chirurgicale dans le camp adverse (52,4 % de passes réussies).

Comme le Maroc est plutôt une équipe qui défend en bloc moyen à bas, les joueurs de Sektioui auront des situations de transition défense-attaque qu’il faudra mieux exploiter que lors du précédent match, où il y a eu énormément d’occasions gâchées. Mais il ne faudra pas non plus tomber dans le piège des Kényans qui, eux aussi, ont pour habitude d’attirer l’adversaire pour mieux le contrer.
Les protégés de Benny McCarthy ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils ont de grands espaces où ils peuvent laisser leur vitesse s’exprimer. A ce titre, il faudra surveiller comme le lait sur le feu deux joueurs en particulier : Ryan Ogam et Justine Odhiambo.
Le premier est le meilleur buteur de la Premier League kényane avec 13 buts en huit matchs. Le second est un milieu de terrain créatif, à l’aise dans les petits espaces, comme le prouve son but lors de la victoire contre la République démocratique du Congo.