Le Maroc s’est fait surprendre par le Kenya, en s’inclinant sur le plus petit des scores, ce dimanche 10 août à Nairobi, dans le cadre de la 3e journée du Championnat d’Afrique des nations 2024. Pour s’assurer une place en quart de finale, les Lions de l’Atlas n’ont d’autre choix que de s’imposer lors de leurs deux prochains matchs.

A commencer par celui contre la Zambie, jeudi 14 août. Pour sa part, la rencontre entre le Maroc et le Kenya avait tout pour plaire. Favoris de la compétition, les hommes de Tarik Sektioui affrontaient le leader du groupe A et l’un des trois pays hôtes de la compétition, soutenu par des supporters en furie.

Mais cette opposition particulièrement attendue n’a pas tenu toutes ses promesses. Du moins en termes d’occasions. Elle n’a toutefois pas manqué de sel. Les Lions de l’Atlas ont d’abord réussi à faire fi de l’atmosphère pour matérialiser leur supériorité technique et tactique, avant de s’empêtrer dans des actions individuelles et sans éclat.

Dans les dix premières minutes, ils ont mis les ingrédients pour perturber la défense kényane en multipliant les temps de jeu pour trimballer leur adversaire de gauche à droite. Les solutions offertes notamment par Imad Riahi entre les lignes ont pareillement gêné les protégés du coach sud-africain, Benny McCarthy, obligés de concéder des fautes aux abords de la surface de réparation.

Après un quart d’heure de jeu intense, la blessure d’Ayoub Mouloua a refroidi les ardeurs d’un côté comme de l’autre. Si l’attaquant marocain a repris sa place, la douleur était insupportable au point qu’il a dû laisser sa place à Younes El Kaabi. Cette interruption a été suivie par plusieurs minutes de flottement.

D’autant que le Maroc n’arrivait plus à trouver autant d’espaces dans le bloc défensif kényan que lors des premières minutes de la rencontre. La position intérieure du latéral gauche Youssef Belaamari a permis à ses coéquipiers d’avoir une supériorité numérique dans l’entrejeu par séquences. Mais ils n’en ont pas tiré avantage par manque de précision dans le dernier ou l’avant-dernier geste.

Ce qui n’a pas été le cas de Rayan Ogam qui a profité de l’apathie de la défense marocaine pour tromper Mehdi El Harrar d’un tir imparable, puissant et surtout très bien placé (42’). Sur le coup, l’attitude de Bouchaib Arrassi n’est pas claire, car il se fait éliminer d’une facilité déconcertante.

L’exclusion logique de Christine Erambo sur un très mauvais geste, quelques instants avant de rentrer au vestiaire, aurait dû faciliter le come-back de l’EN en seconde mi-temps. D’autant que lors du match précédent, les Harambee Stars ont disputé plus de 60 minutes en infériorité numérique.

Il est vrai que les rentrées dynamiques de Saber Bougrine et Youssef Mehri ont eu le don de rebooster l’attaque marocaine. Bougrine a été précieux par sa vision et sa qualité de passe, tandis que Mehri a pesé de tout son poids sur la défense du Kenya. Ce dernier s’est rapidement mis en évidence sur un bon ballon en profondeur d’Anas Bach. Mais l’attaquant a trop croisé son tir qui a fui le cadre (46’).

Les Lions de l’Atlas étaient à deux doigts d’être coupés dans leur élan sans l’intervention salvatrice sur sa ligne de Mohamed Moufid (57’). Ce coup de chaud a convaincu Tarik Sektioui de jouer le tout pour le tout. Le technicien marocain a remplacé Arrassi par un attaquant, jetant ainsi toutes ses forces dans la bataille.

En nombre dans la surface de réparation, les Lions de l’Atlas ont eu l’occasion de revenir au score par l’intermédiaire de Saber Bougrine. Cependant, le milieu offensif du Raja a trop enlevé sa frappe alors qu’il était à trois mètres des cages adverses. Le dernier quart d’heure s’est résumé à une attaque-défense, mettant en relief une étonnante fébrilité technique des Marocains qui ont clairement manqué d’idées pour surprendre la défense à trois axiaux du Kenya.

Le tir enroulé en pivot de Youssef Belaamari au point de penalty a constitué la meilleure occasion marocaine lors des dix dernières minutes du temps réglementaire. Trop peu pour tromper l’arrière-garde kényane. Surtout que les coéquipiers de Marouane Louadni ont commencé à perdre leur nerf face aux stratagèmes mis en place par leurs adversaires afin de gagner quelques secondes.

Difficile d’en vouloir aux Kényans sur le coup car les Lions de l’Atlas ne pouvaient s’en prendre qu’à eux-mêmes pour leur prestation insuffisante, surtout en termes d’intensité. Ils devront rapidement se remettre d’aplomb afin de ne pas quitter la compétition par la petite porte. En ce sens, la victoire contre la Zambie, jeudi 14 août, est impérative.