Avec ce Maroc-Tanzanie, on peut dire que, décidément, la résilience du Maroc est mise à rude épreuve. Après avoir dû remplacer la moitié de son groupe juste avant le Championnat d’Afrique des nations 2024, le staff de l’équipe nationale doit gérer dans l’urgence les suspensions de deux des trois défenseurs centraux de métier qu’il a à disposition, au moment d’affronter la Tanzanie, ce vendredi 22 août.

Alors que Abdelhak Assal a été contraint de quitter ses coéquipiers pour rentrer au Maroc afin de soigner la blessure musculaire contractée contre la Zambie en phase de groupes, c’est au tour de Bouchaib Arrassi et Marouane Louadni de faire défaut au Onze national.

Titulaires lors du dernier match du groupe A contre la République démocratique du Congo, Arrassi et Louadni avaient écopé chacun d’un avertissement synonyme de suspension pour cumul de cartons jaunes.

« Il est vrai que nous sommes un peu courts en défense centrale, mais nous allons trouver les solutions malgré l’absence de trois joueurs importants dans l’axe de la défense”, admet le sélectionneur national, Tarik Sektioui, lors de la conférence d’avant-match. « Mais nous avons assez de joueurs pour trouver des solutions. Maintenant, la difficulté sera de ne pas fragiliser l’équipe dans d’autres secteurs de jeu ».

En fait, les solutions ne sont pas légion. Anas Bach et Mohamed Rabie Hrimate peuvent dépanner dans l’axe central. D’autant que le capitaine de l’équipe nationale avait déjà été aligné à ce poste en club (AS FAR). Cette alternative présente l’avantage d’avoir une association de joueurs qui se connaissent assez bien puisqu’ils évoluent sous les mêmes couleurs au Maroc.

Mais a contrario, cette option présente un gros inconvénient puisqu’elle implique le repositionnement plus bas sur le terrain d’une paire de milieux centraux performants jusqu’ici, et garants de l’équilibre du Onze national.

Certes, cela aura pour effet d’améliorer la première relance du Maroc vers l’avant, mais cela exposera davantage la défense. L’autre possibilité serait de réaxer Youssef Belaamari en lui associant l’un des deux joueurs précités, en lançant Fouad Zehouani sur le côté gauche.

Une équation difficile pour le coach

À moins que le staff de l’équipe du Maroc ne décide de titulariser le seul défenseur central de métier qu’il possède actuellement, Mehdi Mchakhchekh, en lui associant Youssef Belaamari. C’est sans doute la configuration où l’équilibre de l’équipe marocaine sera le moins perturbé, même si recomposer une défense ne reste quasiment jamais sans conséquence.

Ce qui est sûr, c’est que le Maroc aura fort à faire face à la Tanzanie, qui possède la 3e meilleure attaque de la compétition avec 5 réalisations, mais un score xG de 6,8. Cela révèle à la fois une certaine inefficacité, mais aussi leur capacité à se créer des occasions même si les attaquants tanzaniens ne les convertissent pas systématiquement.

En tout cas, il sera crucial de garder le cap et de ne surtout pas chavirer, en y mettant de la hargne et du cœur. « Ce match nécessite de notre part de la concentration, de l’enthousiasme et de la détermination pour faire honneur au football national et passer en demi-finale », a insisté le technicien marocain.

La Tanzanie, une équipe solide en défense

D’autant que le public tanzanien investira en masse les travées du Benjamin Mkapa National Stadium, comme ce fut le cas pour le Kenya qui s’en est nourri pour battre le Maroc au premier tour. Mais l’ambiance semble moins préoccuper le sélectionneur national que le manque de solutions dans l’axe central.

« La présence du public contre le Kenya n’était pas la raison de notre défaite. Nos joueurs ont l’habitude de ce genre d’ambiance et de pression, notamment à travers leurs participations aux compétitions africaines. Au contraire, la présence d’un public nombreux et acquis à la cause de la Tanzanie nous donnera encore plus l’envie de l’emporter », a souligné Tarik Sektioui.

Les joueurs ont l’envie de l’’emporter et surtout de faire corps pour pallier les absences de joueurs cadres en défense. Car, en face, la Tanzanie n’est pas un foudre de guerre, mais c’est une équipe solide qui a fini la phase de groupe à la première place de la poule B avec 10 points, grâce à trois victoires et un match nul.

Les hommes de Hemed Suleiman Ali, dit Hemed Maroc, possèdent la meilleure défense du tournoi, avec un seul but encaissé. Ce n’est pas le fruit du hasard. Deux statistiques tendent à prouver ce constat. D’abord, les Tanzaniens harcèlent sans relâche leur adversaire à la perte du ballon.

Ils font preuve d’une agressivité défensive marquée, remportant 67,8% de leurs duels, soit la deuxième meilleure performance. C’est aussi la 3e équipe de la compétition en termes d’intensité des challenges. Autrement dit, ils réalisent en moyenne 6,8 duels, tacles et interceptions par minute de possession adverse.

Cette attitude leur permet de perturber la circulation de passe adverse, avec seulement 8,5 passes permises par possession adverse. En d’autres termes, le Maroc ne pourra pas déployer son animation offensive dans un fauteuil. Il risque même de ne pas avoir une moyenne de possession favorable. Ce n’est pas plus mal, sachant que l’équipe du Maroc est bien plus dangereuse sur des phases de transition rapide à la récupération du ballon.

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