Les résultats du nouveau recensement, réalisé du 26 juin au 11 août par le ministère de l’Agriculture, ont été dévoilés. Les chiffres montrent une amélioration de l’effectif total du cheptel national. Ce dernier est passé de 28,76 millions de têtes en juillet 2024 à 32,8 millions fin août 2025.

Très attendus par la profession, ces chiffres ont été accueillis favorablement, en particulier pour les ovins. Joints par nos soins, des éleveurs soulignent que « le recensement fait état de 23 millions de têtes d’ovins actuellement. À titre de comparaison, dans les bonnes années, le cheptel variait de 20 à 26 millions de têtes. Le niveau actuel est donc dans la moyenne favorable et reste suffisant pour couvrir la consommation nationale en ovins ».

Sur les 23 millions d’ovins recensés, on compte 16,3 millions de femelles et 6,8 millions de mâles. Ces chiffres interviennent après une année marquée par un appel royal à l’abstention du sacrifice, largement suivi par les citoyens.

Chaque année, ce sont plus ou moins 5 millions de têtes qui sont abattues lors du sacrifice de l’Aïd, un effectif prélevé sur le cheptel national. À la lumière des chiffres récents, si le sacrifice du dernier Aïd avait été maintenu, comme le réclamaient les professionnels, le Maroc se serait retrouvé aujourd’hui avec un cheptel d’ovins décimé.

Cela dit, les 6,8 millions de mâles comptabilisés à ce jour sont-ils suffisants pour espérer une fête du sacrifice dans de bonnes conditions en 2026 ? Comme expliqué, en une année normale, la demande pour Aïd al-Adha se situe entre 5,5 et 6 millions de têtes, auxquelles s’ajoute la consommation normale d’un Aïd à l’autre (boucheries, fêtes de mariage…).

Selon des éleveurs, l’effectif des ovins recensés suffit à couvrir la consommation nationale et les besoins pour le prochain Aïd al-Adha

« Le nombre de mâles recensés, combiné au cycle de reproduction en cours actuellement, devrait permettre de couvrir les besoins pour le prochain Aïd al-Adha », affirment les éleveurs joints par nos soins.

« Les agnelages [mise bas chez la brebis, ndlr] commenceront dès septembre-octobre, sachant qu’un agneau est prêt pour l’abattage au bout de cinq mois », précisent-ils.

« Le cheptel femelle compte plus de 16 millions de têtes. Avec un taux de mise bas supposé entre 60% et 70% seulement, on peut anticiper entre 10 et 12 millions de nouveaux agneaux d’ici la fin de l’année ».

« Cette dynamique devrait alors assurer une disponibilité confortable de viande ovine, à la fois pour la consommation annuelle, et le prochain Aïd vers fin mai 2026″.

« Les aides prévues par le ministère doivent arriver maintenant »

À présent que le recensement a été achevé, les professionnels espèrent que les cinq axes du plan de reconstitution du cheptel annoncé seront rapidement mis en œuvre.

« Les éleveurs les attendent impatiemment, d’autant que le pays traverse une période de sécheresse, sans pluies significatives. Le prix de l’orge, indispensable pour l’alimentation du cheptel, a bondi de 50% pour atteindre 3 DH le kilogramme. Le soutien prévu par l’État va ramener ce prix à 1,50 DH/kg ». 

Les éleveurs insistent également sur l’urgence de ces subventions. « La période actuelle correspond au début des agnelages et à la préparation des brebis à la gestation, qui dure en moyenne un à un mois et demi. Sans une alimentation adéquate avant cette phase, la production pourrait en pâtir ».

« C’est donc le moment opportun pour mettre en œuvre les mesures annoncées, notamment l’aide financière de 400 DH pour chaque femelle identifiée et non abattue ; une aide que les éleveurs espèrent voir distribuée dans les prochains jours », concluent nos sources.