Jusqu’à ce samedi 30 août 2025, aucune équipe n’avait réussi l’exploit de remporter trois Championnats d’Afrique des nations réservés aux joueurs locaux. Le Maroc l’a fait, en venant à bout d’une valeureuse équipe de Madagascar sur la pelouse du Moi International Stadium de Kasarani, au Kenya (3-2).

Cette finale restera à jamais gravée dans les mémoires, tant elle a été marquée par des réalisations de grande classe. Youssef Mehri, puis Oussama Lamlioui à deux reprises, ont parfaitement répondu à la sublime ouverture du score signée Calvin Félicité.

Grâce à ce succès, immortalisé par l’incroyable but de loin d’Oussama Lamlioui, le Maroc dépasse la République démocratique du Congo (2 titres) et s’installe tout en haut du palmarès du CHAN.

C’est peut-être un accomplissement encore plus grand que les deux précédents, tant la préparation et le parcours de l’équipe du Maroc n’ont pas été un long fleuve tranquille. Un peu à l’image de son début de match.

Les principales séquences du match, dont les buts du Maroc.

L’entame de la rencontre a en effet été quelque peu brouillonne, seulement éclairée par l’opportunité qui s’est offerte à Oussama Lamlioui.

Mais il a raté l’immanquable en se présentant seul face au gardien malgache. L’avant-centre marocain a étrangement loupé le cadre et donc l’occasion de lancer ses coéquipiers sur de bons rails (2’).

La stratégie des Lions de l’Atlas consistait à contourner la densité axiale imposée par le bloc équipe malgache en passant par les côtés, avec notamment un Mohamed Boulacsout très entreprenant offensivement sur son côté droit.

Maroc-Madagascar 0-1

Sous pression, les Malgaches ont eu toutes les peines du monde à approcher la surface de réparation marocaine. Sauf que Calvin Félicité n’avait pas besoin d’être dans la surface de réparation pour se montrer dangereux puisqu’il a trompé Mehdi El Harrar d’un tir puissant à l’entrée des 16m50 (10’).

Une réalisation aussi magnifique que surprenante. Mais ce n’était pas la première fois que les Lions de l’Atlas allaient courir derrière le score dans cette compétition. Ils avaient les armes offensives et la détermination qui allaient avec, dans l’optique de recoller au tableau d’affichage.

Cependant, les hommes de Tarik Sektioui ont longtemps péché par manque d’application. Ils ont aussi fait parfois de mauvais choix, privilégiant les tirs lorsque des solutions de passes étaient plus évidentes et inversement. Mais ils n’ont pas perdu confiance pour autant.

Maroc-Madagascar 1-1

Auteur d’un missile qui a frôlé la cage adverse, Mohamed Boulacsout a confirmé que les offensives marocaines penchaient peut-être un peu trop côté droit. Ce qui les rendait un peu trop prévisibles.

Pourtant, c’est de là qu’est arrivé le centre de Khalid Baba, à l’origine de l’égalisation de Youssef Mehri, qui trompa Toldo d’une superbe tête croisée. Une réalisation qui relance totalement cette finale qui a commencé sur les chapeaux de roues (27’).

Comme quoi, les Lions de l’Atlas ont eu raison de s’entêter dans leur stratégie. Et ils auraient pu aisément se procurer d’autres occasions s’ils avaient été un chouïa plus précis dans les 20 derniers mètres.

Le match s’est joué à quelques centimètres, empêchant Oussama Lamlioui de contrer la passe de Toldo lors d’une relance dans sa propre surface de réparation (38’). Le gardien malgache semblait diminué par une douleur au genou mais il a préféré rester sur le terrain.

Une décision qui aurait pu être lourde de conséquences si l’avant-centre marocain chaussait une ou deux pointures de plus. À cet instant du match, on sentait que la confiance avait changé de camp. Tandis que Madagascar n’avait plus d’occasions à se mettre sous la dent, les Lions de l’Atlas se sont enhardis.

Maroc-Madagascar 2-1

Le cinquième but de la compétition d’Oussama Lamlioui était somme toute logique, à la réception d’un centre de Mohamed Boulacsout au second poteau. Le Maroc ne pouvait pas rêver meilleur timing pour prendre l’avantage, à quelques minutes de rentrer au vestiaire.

La pause n’a pas refroidi les ardeurs des Lions de l’Atlas qui ont failli réaliser le break grâce à Oussama Lamlioui encore une fois, dont la déviation en première intention sur un centre de Boulacsout a fui le cadre de Toldo (49’).

Beaucoup plus rythmée que sa devancière, la seconde mi-temps a quelque peu été gâchée par l’état de la pelouse qui se dégradait à vue d’œil. Cela n’a toutefois pas empêché le Maroc de dominer une rencontre qui pouvait difficilement lui échapper tant les Malgaches semblaient limités techniquement.

Maroc-Madagascar 2-2

Une domination que le tir à ras de terre de Saber Bougrine aurait pu valider définitivement, sans l’intervention impeccable de Toldo (59’). Mais contre le cours du jeu, Toky a trompé le portier marocain pour égaliser et mettre par la même occasion le doute dans l’esprit des Marocains (68’).

Sur le coup, la titularisation d’Anas Bach en défense centrale paraissait une mauvaise idée car il a été un peu trop court pour dévier de la tête le long ballon qui a amené l’égalisation.

Tout était à refaire pour l’EN à une vingtaine de minutes de la fin du temps réglementaire. Les Lions de l’Atlas n’ont pas lésiné sur leurs efforts pour mettre la pression sur la défense malgache, qui a réussi à éviter un troisième but en sortant le ballon sur la ligne des cages de Toldo.

La percée de Mohamed Boulacsout a semé la panique dans la défense malgache. Cependant, la finition n’a pas été à la hauteur de la chevauchée du latéral du Raja (75’), puisque son extérieur n’a pas inquiété outre mesure le gardien malgache.

Maroc-Madagascar 3-2

Si c’était à refaire, on n’aurait sans doute rien changé au scénario de la rencontre, ne serait-ce que pour revoir l’incroyable réalisation d’Oussama Lamlioui, qui a eu l’idée, à plus de 40 mètres, de lober Toldo en première intention et redonné un avantage définitif à ses coéquipiers.

Finir cette campagne sur un aussi beau but est sans doute une juste récompense du parcours exceptionnel des Lions de l’Atlas. Une récompense aussi pour le staff de l’équipe nationale et en particulier Tarik Sektioui, qui remporte un titre d’une grande valeur après la médaille de bronze glanée aux Jeux olympiques d’été de Paris 2024.